Devant la Chambre de commerce de Montréal - Joseph Kennedy à la défense des premières nations du continent

George P. Bush et Joseph P. Kennedy
Photo: Jacques Nadeau - Le Devoir George P. Bush et Joseph P. Kennedy

L’ancien représentant d’un district du Massachusetts à la Chambre des représentants, Joseph P. Kennedy, a pris hier la défense des premières nations du continent.

Il a demandé aux autorités canadiennes et américaines de faire leur devoir avant de donner le feu vert à l’oléoduc Keystone destiné à acheminer du pétrole de l’Alberta jusqu’au Nebraska.


« Ce pipeline traverserait des territoires amérindiens et des aquifères très importants. Je suis favorable au projet comme la plupart des Américains, mais nous devons prendre le temps qu’il faut pour en arriver à une décision qui a du sens. On sait que les [sociétés] exploitant les oléoducs ont une très mauvaise réputation en matière de dépollution des eaux », a-t-il plaidé jeudi midi lors d’un débat avec un membre d’une autre célébrissime dynastie politique, George P. Bush, sous les auspices de la Chambre de commerce de Montréal.


« Aucun autre projet d’infrastructure ne libérera plus de carbone dans l’atmosphère. C’est un enjeu compliqué qui ne doit pas être utilisé à des fins politiques », a-t-il ajouté.


Joseph P. Kennedy est le fils aîné de l’ancien procureur général Robert Kennedy, assassiné en 1968, et le neveu du président John F. Kennedy (frère de ce dernier), qui a connu une fin similaire en 1963.


George P. Bush est le fils de Jeb Bush, l’ancien gouverneur de la Floride, le neveu du président George W. Bush et le petit-fils d’un autre chef de l’État américain, George H.W. Bush. Il milite au sein du Parti républicain, mais n’a pas manifesté l’intention de se porter candidat à un poste.


M. Kennedy est président de la Citizen Energy Corporation, une organisation sans but lucratif qui fournit du mazout à des pauvres aux États-Unis et ailleurs, tout en intervenant dans la production d’énergies renouvelables. L’organisation est en pourparlers avec les Cris de la région de Mistassini pour la création d’un parc d’éoliennes. Il a admis hier que les retards s’accumulent. « J’espère que les données économiques du projet parleront d’elles-mêmes », a-t-il précisé en marge du débat. « Je crois qu’il est très injuste d’aller en territoire cri et d’en tirer les richesses naturelles sans jamais rien donner en retour », a-t-il ajouté dans une critique indirecte du Plan Nord de l’ancien gouvernement québécois.


« Je souhaiterais que davantage de Canadiens en soient conscients, et la même remarque vaut aussi pour les Américains », a-t-il conclu.


Joseph P. Kennedy croit comme beaucoup d’autres observateurs que le premier débat présidentiel, la semaine dernière, a remis Mitt Romney en selle pour la suite de la campagne. Néanmoins, « Obama a tous les arguments : il va gagner les deux autres débats », a-t-il prédit.


Les deux hommes ont été interrogés sur les causes du ton hyperpartisan qui caractérise aujourd’hui les débats à Washington. M.Kennedy y voit l’influence des « sommes incroyables » qui sont dépensées pour les campagnes électorales. M.Bush a mentionné l’influence des chaînes d’information continue et le fait que la majorité des élus sont des politiciens de carrière.