Affrontements avec la police lors d’une manifestation d’indignés à Madrid

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	Un manifestant blessé lors des affrontements avec la police à Madrid.</div>
Photo: Agence France-Presse (photo) Pierre-Philippe Marcou
Un manifestant blessé lors des affrontements avec la police à Madrid.

Des affrontements ont éclaté mardi soir à Madrid entre policiers et manifestants du mouvement des indignés qui s’étaient rassemblés par milliers aux abords du Congrès des députés, sous très haute tension, aux cris de « démission », « dehors ».


« Ce sont nos armes », criaient les manifestants, mains levées au ciel, face aux forces antiémeutes qui tentaient de les disperser, chargeant à coups de matraques et tirant des balles en caoutchouc.


Les affrontements ont fait plus de 60 blessés, dont dont 27 policiers, selon les services d’urgence. Vingt-six personnes ont été interpellées. Le face-à-face, émaillé de nouveaux heurts, s’est poursuivi tard dans la soirée entre la police et des groupes de manifestants, dispersés à travers le centre de la capitale espagnole.


Le mot d’ordre avait été lancé via les réseaux sociaux, relais très actif de la colère des Espagnols face à la crise qui laisse un quart de la population active au chômage, et aux mesures de rigueur draconiennes imposées par le gouvernement de droite. Objectif : entourer le Congrès, transformé en camp retranché sous la protection de centaines de policiers, où les députés étaient réunis, pour dénoncer une « démocratie séquestrée », assujettie « aux marchés financiers ».


« Ils nous ont volé notre démocratie. Nous avons perdu la liberté, notre État-providence avec les coupes dans la santé et l’éducation. J’ai deux filles et cette année j’ai dû payer beaucoup plus pour leurs études », racontait Soledad Nunez, une commerçante de 53 ans venue de Castille-et-Leon, dans le nord de l’Espagne. Cette manifestante porte deux oeillets rouges et une pancarte avec les mots : « Tu crois vraiment qu’en croisant les bras, tout cela se réglera ? » et « La démocratie est séquestrée. Le 25 septembre nous allons la sauver », expliquait le manifeste de l’une des organisations qui appelait à se mobiliser sur son site, Coordinadora #25S.


Bénéficiant d’un plan d’aide européen pour ses banques depuis juin et luttant au prix d’une cure de rigueur historique pour réduire son déficit public, le gouvernement a adopté depuis décembre des mesures d’austérité qui ont provoqué un profond mécontentement. « Toute une série de mesures ont été adoptées par décret, sans qu’elles ne passent par les députés », dénonçait une porte-parole de Coordinadora #25S.


Les premiers incidents ont éclaté aux abords du Congrès lorsque les policiers ont chargé à coups de matraques les manifestants qui tentaient de forcer un barrage.


Manifestants et forces de l’ordre se sont alors installés dans un face-à-face sous extrême tension à la place de Neptuno, toute proche du Congrès.


En fin de soirée, nouvelles charges, les policiers tirant cette fois des balles en caoutchouc contre les manifestants, souvent jeunes, certains le visage recouvert de cagoules, qui jetaient des pierres ou lançaient des barrières arrachées sur les barrages.


La plupart des manifestants se sont alors dispersés vers les rues alentour, criant « le peuple uni ne sera jamais vaincu », « honte », tandis que d’autres s’asseyaient, mains en l’air, sur la place.

1 commentaire
  • Martin Richard - Inscrit 26 septembre 2012 10 h 30

    Vous avez dit révolution ?

    Le problème s’appelle capitalisme : délocalisations, exploitations, profits, mécanique de la dette s’apparentant à une plomberie mafieuse, corruption, aliénation des élites comme du peuple (classe moyenne, classe ouvrière, cols blancs, bleus, verts, toutes couleurs confondues). Auparavant, c’était le Tiers-monde qui trinquait dans l’indifférence générale. Maintenant, l’ultra-capitalisme détruit, ravage tous les pays. Seul un électrochoc, genre révolution, hé oui, la bonne vielle révolution, pourra casser le rouleau compresseur qui écrase tout sur son passage et pour qui l’être humain est une donnée économique au même titre qu’un sac de café. Et petit, le sac.

    Martin Richard
    Montréal