Accusés d'espionnage au profit d'Israël - Un tribunal libanais acquitte deux pasteurs canadiens mais les bannit

Beyrouth — Un tribunal militaire libanais a acquitté hier deux pasteurs canadiens qui étaient accusés d'espionnage au profit d'Israël, mais les a bannis du pays après avoir estimé qu'ils incitaient à la dissension entre les différentes communautés religieuses du pays.

Le tribunal a décidé d'acquitter Bruce Balfour et Grant Livingstone «faute de preuve». Les deux hommes risquaient une peine de 15 ans d'emprisonnement.

Mais le tribunal a décidé de «modifier la description de leur crime» et les a accusés «d'activités de prêche ayant suscité des dissensions confessionnelles» au Liban.

En conséquence, le tribunal a décidé d'expulser M. Balfour, qui avait été arrêté à son entrée sur le territoire libanais, le 10 juillet, et de leur interdire de séjourner au Liban, lui et M. Livingstone (qui était jugé par contumace) pour une période de cinq ans.

Les deux hommes ont également été condamnés à verser une amende de 100 000 livres libanaises (91 dollars canadiens) chacun.

Dans la journée, le ministre canadien de la Citoyenneté et de l'Immigration Denis Coderre avait souhaité «un verdict rapide dès aujourd'hui» dans ce procès.

Planter des cèdres

MM. Balfour et Livingstone sont des pasteurs protestants qui ont élu domicile en Israël. L'acte d'accusation, leur reprochait d'avoir effectué plusieurs séjours au Liban «sous prétexte d'activités humanitaires» et d'avoir espionné au profit de l'État hébreu, ce qui pouvait leur valoir entre trois et quinze ans de prison.

M. Balfour, âgé de 52 ans et originaire d'Alberta, avait séjourné quatre ans au Liban depuis l'invasion de ce pays par Israël en 1982, et y était revenu à deux reprises en 2002 pour lancer un projet de reforestation de cèdres au Liban sud, évacué par Israël en mai 2000 après 22 ans d'occupation.

Lors de l'une des audiences, le prévenu a insisté sur le fait qu'il voulait planter des cèdres, «car dans la Bible, le nom des cèdres du Liban est cité 87 fois».

Selon l'accusation, il avait tenté lors de son séjour au Liban sud de recueillir des informations sur les positions de l'armée libanaise et sur celles du Hezbollah.