Une chaussure contre Breivik

Oslo - Le procès d’Anders Behring Breivik a été brièvement interrompu, hier, par le frère de l’une des 77 victimes de l’attentat d’Oslo et de la tuerie d’Utoya, qui a jeté sa chaussure en direction de l’accusé en hurlant «Va en enfer!» et «Assassin!».

Des gardes ont escorté l’homme, un Irakien, hors de la salle d’audience. Hayder Mustafa Qasim, âgé de 20 ans, a quitté Bagdad pour venir à Oslo cette semaine pour assister au procès, a confié son avocat, Kari Nessa Nordtun, à l’Associated Press. Son frère Karar Mustafa Qasim, 19 ans, qui était demandeur d’asile en Norvège, fait partie des victimes d’Anders Behring Breivik dans l’île d’Utoya. «J’ai enlevé ma chaussure, je me suis levé [...] et je l’ai lancée», a confié Hayder Mustafa Qasim au journal norvégien Aftenposten. «Il était seul en Norvège, sans famille. Le tueur lui a pris sa vie. Et il a ruiné ma vie et celle de ma famille», a-t-il affirmé.

Hayder Mustafa Qasim a manqué sa cible et n’a pas réussi à atteindre Breivik. La chaussure a cependant touché une avocate de la défense, qui n’a pas été blessée. Il s’agit du premier incident à survenir depuis le début du procès, à la mi-avril. Anders Behring Breivik, un extrémiste norvégien âgé de 33 ans, a avoué être le meurtrier des 77 personnes tuées le 22 juillet dans un attentat dans la capitale et lors du massacre par balles dans l’île d’Utoya. Lancer des chaussures pour insulter quelqu’un est une forme de protestation depuis longtemps dans de nombreux pays, mais cette pratique a suscité une attention particulière quand un Irakien a jeté ses chaussures sur George W. Bush, qui était alors président des États-Unis, lors d’une conférence de presse télévisée à Bagdad en 2008.