Benoît XVI à La Havane

Benoît XVI hier, à son arrivée à La Havane.<br />
Photo: Agence Reuters Benoît XVI hier, à son arrivée à La Havane.

La Havane — Le pape Benoît XVI est arrivé hier à La Havane où il joue la partie la plus politique de son voyage de 48 heures à Cuba, en rencontrant le président, Raúl Castro, et peut-être son frère Fidel, alors que le régime et les opposants placent des espoirs contraires dans sa visite.

Le pape, âgé de 84 ans et visiblement fatigué à la fin de la première messe célébrée lundi sous une lourde chaleur à Santiago de Cuba, devait être reçu en fin d'après-midi hier par Raúl Castro au palais de la révolution de La Havane, centre du pouvoir communiste.

Au programme, les relations entre l'État et une Église active dans au plan social qui fait désormais figure de partenaire politique privilégié, 14 ans après la première visite d'un pape à Cuba, celle de Jean-0Paul II en janvier 1998.

Mais l'attention est surtout braquée sur un échange possible entre le pape, vieil adversaire de la théologie de la libération chère à Fidel Castro, et le Lider Maximo, 85 ans et retiré du pouvoir depuis 2006.

Même si le porte-parole du Vatican, Federico Lombardi, a encore déclaré prudemment hier soir qu'on «ne sait ni si, ni où» une telle rencontre pourrait avoir lieu, celle-ci semble probable.

Des conjectures circulent aussi sur une rencontre avec le président vénézuélien, Hugo Chávez, qui suit actuellement un traitement médical à La Havane, mais aucune demande d'audience n'est parvenue à la délégation du pape.

En revanche, aucune rencontre n'est prévue entre le pape et les dissidents, même si sa présence dans l'île fait monter la fièvre de l'opposition, l'Église se dissociant de ses protestations les plus spectaculaires.

Selon un groupe dissident, quelque 150 militants de l'opposition ont été arrêtés de manière préventive ces derniers jours pour les empêcher de troubler la visite du pape. Les téléphones de nombreux dissidents connus ont en outre été coupés, selon l'opposition.

De Miami, deux flottilles mises en place par des exilés cubains anticastristes devaient traverser hier le détroit de Floride pour s'approcher à 20 kilomètres des côtes cubaines, au moment où le pape Benoît XVI s'entretiendra avec Raúl Castro.

Lundi, sur la place de la Révolution de Santiago, au début de la messe, un homme a hurlé: «À bas le communisme, à bas la dictature», avant d'être emmené par des policiers en civil. La foule, très recueillie, a semblé désapprouver ces cris interrompant un office religieux.