Après une manifestation contre le Vatican samedi - Des indignés paralysent la circulation dans Rome

Rome — Après avoir protesté samedi au Vatican, des indignés d'Italie et d'autres pays d'Europe ont paralysé hier la circulation dans le centre de Rome, réussissant à pénétrer dans le Colisée et moquant allègrement des dirigeants européens face à la crise financière.

La plupart des quelque 200 manifestants étaient partis en début d'après-midi de la place San Giovanni, dansant, tapant sur des tambourins et certains portant des masques. Ils avaient appelé leur manifestation «carnaval du système». Certains passants les accompagnaient, dansant et battant des mains avec eux.

«Prends ta liberté, personne ne te la donnera», affirmait une affiche accrochée sur le chemin par les manifestants.

«Banque Mondiale, nous ne payons pas votre crise», «Chaque révolution naît de la désobéissance! Révolution pacifique!», proclamaient des pancartes brandies.

Plusieurs d'entre eux ont réussi à entrer dans le Colisée, le monument le plus célèbre de la Rome antique, se mêlant aux touristes brièvement, avant d'en ressortir.

Sur la place de Venise, des indignés portant les masques aux effigies du président du Con-seil, Mario Monti, de la chancelière allemande Angela Merkel et du président français Nicolas Sarkozy, mimaient une scène d'échanges de baisers entre eux, à quelques jours du sommet des trois dirigeants, prévu vendredi à Rome.

Le maire de Rome, l'ancien post-fasciste Gianni Alemmano, a demandé aux forces de l'ordre de mettre fin à l'agitation de quelque 200 indignés, qui, dans le cadre d'une «manifestation non autorisée», «créent des difficultés pour les citoyens romains».

«Il ne suffit pas de se définir soi-même comme un indigné pour bloquer impunément des rues et faire des incursions dans le Colisée», a-t-il dit.

Samedi, la police romaine était intervenue de manière musclée contre une cinquantaine d'indignés, notamment d'Espagne et de France, qui manifestaient sur la place Saint-Pierre pour contester le «pouvoir» du pape et la richesse du Vatican.

Le mouvement parti d'Espagne pourrait reprendre de l'ampleur en Italie à la faveur de l'aggravation de la crise et des mesures d'austérité adoptées par le gouvernement de Rome.

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