Sept milliards d'humains - Un nouveau-né aux 500 000 visages

Ces nouveau-nés du Venezuela, de l’Inde, des Philippines, de la Russie, de la Géorgie et des États-Unis (de gauche à droite, de haut en bas) sont au nombre du demi-million de bébés nés hier.
Photo: Agence Reuters Ces nouveau-nés du Venezuela, de l’Inde, des Philippines, de la Russie, de la Géorgie et des États-Unis (de gauche à droite, de haut en bas) sont au nombre du demi-million de bébés nés hier.

Il n'a fallu que trois petits kilos hier pour modifier radicalement le poids de l'humanité. Trois kilos, ceux de la petite Nargis qui a vu le jour à 1h50 GMT dans une petite municipalité rurale de la province la plus populeuse de l'Inde, l'Uttar Pradesh. Selon l'organisme caritatif britannique Plan International, le nouveau-né est le sept milliardième humain arrivé sur terre... comme bien d'autres d'ailleurs qui, durant toute la journée, un peu partout sur la planète ont revendiqué ce statut symbolique.

Rappelons que l'Organisation des Nations unies (ONU) avait décrété que le 31 octobre, soit la journée d'hier, était le jour marquant l'atteinte d'une balise démographique importante: désormais, la terre compte sept milliards d'humains. En 1998, au passage des six milliards, l'ONU avait choisi un bébé de Sarajevo pour symboliser la chose. Cette année, elle ne s'est pas prononcée, laissant donc la concurrence se jouer entre les États.

Conséquence: sur les quelque 500 000 naissances enregistrées hier sur la surface du globe, certaines, pour l'occasion, se sont manifestées plus fortement que d'autres, comme celle de Danica May Camachi qui a poussé ses premiers cris à Manille, aux Philippines, premier pays à affirmer officiellement être le berceau de cette naissance symbolique.

«Elle est si belle. Je n'arrive pas à croire qu'elle est le sept milliardième habitant de la planète», a résumé sa mère, Camille Dalura, qui a été félicitée par des représentants de l'ONU. La petite Danica, qui vient au monde dans un quartier particulièrement pauvre, recevra une bourse d'études de l'organisme international, et ses parents obtiendront une aide financière pour monter un petit commerce.

Le Nigeria, un pays où le taux de fécondité est très élevé, a revendiqué également la «création» du nouveau-né symbolique avec Gabriel qui a vu le jour à Abuja. «Je ne suis pas riche, mais mon fils sera un homme riche, a dit son père. Je le crois et je prie pour que Dieu le fasse pour moi.» Les régions russes du Kamtchatka et de Kaliningrad, en donnant la vie à Piotr et à Alexandre, respectivement à 0h02 et 0h19, heure locale, ont également reçu le sceau du sept milliardième, tout comme, à l'autre bout du globe la petite Yesuri née à Lima au Pérou.

Garçon, fille, africain, asiatique ou russe, le nouveau-né arrive surtout sur terre dans une époque tourmentée, a résumé hier le Secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon. «Regardez autour de vous. Lisez les titres des journaux. La famine dans la Corne de l'Afrique. Des combats en Syrie et ailleurs. Des protestations contre les inégalités économiques de Wall Street à Main Street», a-t-il indiqué tout en appelant au renforcement de la cohésion entre les sept milliards d'humains désormais sur terre.

«Je fais partie des sept milliards. Vous faites aussi partie des sept milliards. Ensemble, nous pouvons être sept milliards et être plus forts en travaillant dans la solidarité pour un monde meilleur pour tous», a-t-il ajouté.

La semaine dernière, le Fonds des Nations unies pour la population avait rappelé que la population mondiale devrait poursuivre sa croissance à un rythme soutenu pour atteindre les 9,3 milliards d'humains en 2050 et plus de 10 milliards à la fin du siècle en cours.

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Avec l'Agence France-Presse

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