Europe: Belgique - Un avenir qui reste à tracer

Véronique Kiesel, Le Soir Collaboration spéciale

Ce texte fait partie du cahier spécial 7 milliards

En 2100, l'Europe, avec 675 millions d'habitants, devrait avoir perdu 64 millions d'habitants par rapport à aujourd'hui, tandis que l'Afrique comptera 2,5 milliards d'habitants en plus et que l'Asie plafonnera à 4,5 milliards... La vieille Europe est-elle menacée de disparition face à la croissance de la population sur ces deux continents?

On n'en est pas là. Mais avec des taux de natalité qui ne permettent pas le renouvellement de la population, nos pays éprouvent quelques inquiétudes: qui va payer les pensions des futurs retraités dans quelques décennies? Notre système social, très apprécié, va-t-il s'effondrer? Heureusement, nous pouvons compter sur... l'immigration.

Alors que les dirigeants européens ont tendance à faire de l'Europe une forteresse, verrouillant toutes les issues pour empêcher les migrants d'y pénétrer, ce sont pourtant ces mêmes étrangers «extracommunautaires» qui, dès aujourd'hui, permettent aux taux de natalité de ne pas trop plonger. Et nous avons déjà besoin d'eux pour occuper certains emplois qualifiés, notamment dans les hôpitaux. Une tendance qui devrait aller croissante...

Face à un monde de plus en plus peuplé, l'Europe doit aussi s'adapter: passer à un modèle de vie moins gourmand en énergie, en nourriture, et moins polluant. Les conséquences de nos actes, ici, frappent de plein fouet les populations du Sud. Certains pays européens ont déjà bien progressé sur la voie de «l'économie verte», d'autres ont nettement plus de retard: nous devons tous nous y mettre, et les États doivent appuyer financièrement les efforts des citoyens.

Et si, en plus, on aidait les villages africains à s'équiper en panneaux solaires? Et si on cessait de faire, avec nos primes agricoles, de la concurrence déloyale aux paysans du Sud? Tout cela est affaire de choix politiques. À nous de faire les bons.

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Le Soir

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