Comité de solidarité de Trois-Rivières - Et si le monde était plus juste...

Thierry Haroun Collaboration spéciale
Jean-Claude Landry, cofondateur du Comité de solidarité de Trois-Rivières<br />
Photo: Source CSTR Jean-Claude Landry, cofondateur du Comité de solidarité de Trois-Rivières

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Voilà quatre décennies que le Comité de solidarité de Trois-Rivières est de toutes les causes: combattre l'injustice, la famine, les violences et la misère humaine. Quand les mots «liberté», «justice», «partage» et «solidarité» prennent tout leur sens. Bienvenue au cœur d'un engagement militant et citoyen qui force le respect.

Par des activités d'information, des campagnes de mobilisation, des interventions en tous genres, le Comité de solidarité de Trois-Rivières, en partenariat avec les réseaux d'action d'ici et d'ailleurs, oeuvre pour que s'instaure un monde plus juste, un monde plus démocratique, un monde plus équitable, un monde affranchi de la domination politique, économique et militaire. Et, pour coiffer le tout, voici son slogan: «Agir, c'est choisir le monde».

Ici, il n'y a rien de creux: tout est engagement, tout est action sur le terrain, que ce soit en Haïti, à Cuba, au Mali ou en Bolivie. Ici, les grands thèmes qui secouent le monde sont pris à bras-le-corps, analysés, décortiqués et critiqués sans compromis. Ainsi, s'agit-il de compulser les récentes archives et autres publications de l'organisme pour s'en convaincre: Il est temps pour les Palestiniens d'obtenir le respect de leurs droits, Dix ans de guerre en Afghanistan: la catastrophe continue, Le Canada va-t-en-guerre de M. Harper, Palestine: «le mur d'apartheid» est comparable aux murs du ghetto de Varsovie, Démilitariser l'économie: c'est vraiment payant et constructif!, Les dirigeants-marionnettes, etc.

Au bout du fil, il y a Jean-Claude Landry, le cofondateur de cet organisme né au tournant des années 1970, plus précisément dans la foulée de l'"assassinat" du président chilien Salvador Allende. On connaît la suite. Jean-Claude Landry est le président du conseil d'administration du comité qu'il a fondé il y a quatre décennies. À l'épo-que, son organisme agissait sous le nom de Comité Québec-Chili de Trois-Rivières; on aura compris pourquoi. Cela dit, vous avez bien lu, il est toujours en poste, toujours engagé, toujours dans l'action, et ce, des décennies plus tard; c'est dire l'indignation qui le traverse depuis... «Quand est arrivé le coup d'État au Chili, on a senti une indignation ici au Québec et à travers le monde. Nous avons organisé ici un comité de solidarité.»

L'engagement

Cette motivation de faire de ce monde un endroit plus juste ne semble pas avoir pris une ride avec le temps? «Écoutez, c'est dans l'ADN de notre organisme. Nous avons conservé ce regard critique sur les injustices sociales et sur les rapports de domination que l'on retrouve à l'intérieur de nombreux pays à l'échelle de la planète. Nous avons conservé cet esprit militant afin de ne pas perdre de vue que la pauvreté, la misère, les disparités sociales sont la conséquence non pas de facteurs tenant du hasard ou d'une fatalité quelconque, mais d'un mode de production et de répartition de la richesse, d'un mode d'organisation politique qui entretient ça!», tranche d'un souffle Jean-Claude Landry. Et ce sera comme ça tout au long de l'entrevue.

Avant de poursuivre cet entretien, qui a parfois pris les allures d'un cours 101 sur l'engagement militant, citoyen et solidaire, rappelons l'une des missions que s'est données le Comité de solidarité de Trois-Rivières: tenter de changer les mentalités en favorisant une véritable prise de conscience des enjeux du développement international. C'est-à-dire? «On peut bien avoir une perception humanitaire des choses, avoir un réflexe humanitaire par rapport à la misère, mais encore faut-il savoir comment ça se passe. Notre mission, c'est à la fois d'apporter un appui à des organisations, à des pays, à des peuples qui sont en marche et de contrer parfois des situations qui sont intolérables. Qu'on pense seulement à ce qui se passe en Haïti depuis le tremblement de terre. Il s'agit de décortiquer les facteurs d'exploitation et de domination qui sont souvent derrière des situations qui appellent à la misère et à la pauvreté dans les pays du tiers-monde. Regardez seulement la famine qu'il y a dans le monde. Les changements fondamentaux doivent être structurels et politiques! Sans ça, on va continuellement être con-fronté à un monde bipolaire, entre une majorité de gens qui sont très pauvres et une minorité de riches», s'indigne encore et toujours M. Landry.

Du travail sur le terrain

Concrètement, l'organisme que préside ce militant de la première heure organise différentes activités et des campagnes de sensibilisation dans les écoles, coopère à l'échelle planétaire avec des organismes qui sont au coeur des conflits sociaux et parraine des stages et des projets. Le Comité de solidarité de Trois-Rivières compte notamment un volet jeunesse et un autre qui se consacre aux femmes (lire les détails dans le site Internet www.cs3r.org).

«Nous avons un comité qui porte sur la situation des femmes dans le tiers-monde, mais aussi sur les femmes autochtones au Québec. Ce comité travaille de plus en étroite collaboration avec un organisme en Haïti. Il s'agit de contrer la violence faite aux femmes en Haïti et le rapport de domination. On organise des campagnes de financement notamment. On sait aussi que, au Congo, les femmes sont les premières victimes de la guerre. Et, dans ce cas, nous faisons des campagnes de sensibilisation et de solidarité. Il y a aussi, conclut M. Landry, beaucoup de travail à faire auprès des femmes en Amérique latine.»

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Collaborateur du Devoir