Journées québécoises de la solidarité internationale - Le temps d'agir est venu

Martine Letarte Collaboration spéciale
Cette année, les porte-parole des Journées québécoises de la solidarité internationale sont Annie Roy et Pierre Allard, de l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA).<br />
Photo: Crédit Martin Savoie Cette année, les porte-parole des Journées québécoises de la solidarité internationale sont Annie Roy et Pierre Allard, de l’Action terroriste socialement acceptable (ATSA).

Ce texte fait partie d'un cahier spécial.

Les Journées québécoises de la solidarité internationale, organisées par l'Association québécoise des organismes de coopération internationale (AQOCI), se tiendront du 2 au 12 novembre.

«"Le temps d'agir" a été choisi comme thème pour propulser l'engagement citoyen. Nous souhaitons montrer à quel point l'engagement est important et a un impact. Il n'est jamais trop tard pour s'engager et il y a plusieurs façons de le faire. Nous mettons l'accent sur la solidarité internationale, mais c'est aussi important d'agir localement. Un geste local a un impact sur la société et, éventuellement, cela aura un impact à l'international.»

Ces mots sont de Fréda Thélusma, responsable des Journées québécoises de la solidarité internationale à l'AQOCI. C'est ainsi qu'elle décrit cette 15e édition de l'événement. Chaque année, le thème a un lien avec l'actualité.

«Nous trouvons que beaucoup de gens agissent, précise Mme Thélusma. Il y a plusieurs acteurs dans la société dont on n'entend pas nécessairement parler.»

Les Journées québécoises de la solidarité internationale, un événement soutenu par le ministère des Relations internationales, sont une occasion de célébrer ces initiatives. Pour Fréda Thélusma, cet événement est aussi une occasion de chasser le cynisme.

«Il y a plusieurs problématiques au niveau global, affirme-t-elle. Il y a beaucoup à faire. Certains se découragent et ne croient plus que des changements sont possibles. Je crois plutôt que c'est essentiel à ce moment-ci de se concerter dans nos actions pour faire bouger les choses.»

Des porte-parole engagés

Cette année, les porte-parole des Journées québécoises de la solidarité internationale sont Annie Roy et Pierre Allard, de l'Action terroriste socialement acceptable (ATSA).

«Nous étions surpris d'avoir été choisis, parce que nous avons une action très locale», affirme Mme Roy, cofondatrice de l'ATSA, qui a organisé pendant 12 ans l'«État d'urgence». Ce genre de «tout-inclus» pour les sans-abris, comme les cofondateurs de l'ATSA avaient baptisé l'«État d'urgence», proposait aussi une grande programmation artistique.

«Une action peut être locale, mais avoir une portée très internationale, affirme Fréda Thélusma. Ce camp pour les sans-abris était lié à ce que plusieurs personnes vivent à travers le monde. Nous souhaitons cette année faire un pont entre ce qui se vit ici et ailleurs.»

«Je pense que, si quelqu'un est indifférent aux sans-abris d'ici, il le sera aussi à ceux d'ailleurs. Il faut briser l'indifférence. De plus, les gestes qu'on pose localement ont des répercussions ailleurs. Je pense par exemple aux achats équitables. Il faut prendre le temps d'agir», affirme Annie Roy, qui vient d'une famille très active dans le domaine de la coopération internationale.

«Le cynisme est un gros fléau, renchérit Pierre Allard. Je trouve que c'est une excuse facile pour ne pas s'engager. Il faut lutter contre l'indifférence et le cynisme.»

L'AQOCI a aussi été séduite par la voie qu'a choisie l'ATSA pour s'engager: l'art. «Je trouve que ça illustre bien que l'engagement peut prendre différentes formes: artistique, communautaire, politique, etc. Il faut renforcer la confiance des individus dans leur capacité d'agir», affirme Mme Thélusma.

Les cofondateurs de l'ATSA sont du même avis. «On peut faire des gestes chaque jour, si petits soient-ils, affirme Mme Roy. Les gens pensent que leur action n'aura pas d'incidence, mais elle en a lorsqu'ils décident d'agir. Il faut seulement trouver sa cause.»

«Il y a tellement d'organismes qui touchent à différents domaines d'action, affirme M. Allard. Il faut choisir quelque chose qui nous touche, qui nous met en colère. Ensuite, on peut utiliser l'énergie de cette colère pour faire quelque chose de positif. Les Journées sont une belle occasion de découvrir différents organismes.»

Des activités à travers la province

Pour s'assurer d'avoir un maximum d'impact à travers la province avec les Journées québécoises de la solidarité internationale, l'AQOCI, qui regroupe 65 organisations, compte sur certains de ses membres pour propulser l'événement.

«Dans plusieurs régions, un de nos membres a organisé une programmation en rapport avec les enjeux régionaux en favorisant la participation d'acteurs de la société civile», précise Fréda Thélusma.

La conférence d'ouverture a été confiée à Serge Halimi, directeur du Monde diplomatique. Il donnera sa conférence, «De Tunis à Wall Street: la mondialisation des luttes citoyennes», le 1er novembre à Montréal et le 2 à Sherbrooke.

Les deux porte-parole des Journées québécoises de la solidarité internationale y assisteront. «La révolte à Wall Street nous touche beaucoup», affirme Mme Roy, en rappelant que la première action de l'ATSA en 1997 était «La banque à bas», où on distribuait des bas chauds aux sans-abris pour dénoncer «les profits faramineux des banques canadiennes par rapport à l'accroissement de l'itinérance».

Ils se rendront à Trois-Rivières pour présenter leur film, L'art en action, à la suite de l'invitation du Comité de solidarité Trois-Rivières. «Nous profiterons de l'occasion pour inviter les gens à signer la pétition de sa campagne "Stoppons les dépenses militaires". Dans leur site, on apprend que le gouvernement du Canada compte augmenter le budget militaire pour dépenser 490 milliards en 20 ans. C'est un montant incroyable contre lequel il faut se révolter, puisque c'est là que va l'argent de nos impôts! Nous sommes des artistes pour la paix, alors ça nous touche beaucoup», affirme Mme Roy, qui prépare en ce moment, avec son équipe, l'événement «FIN novembre» pour dénoncer les inégalités, dès le 18 novembre à la place Émilie-Gamelin.

L'équipe des Journées québécoises de la solidarité internationale a aussi pensé aux jeunes.

«Nous allons dans les écoles secondaires présenter aux élèves des portraits de jeunes engagés dans le monde, indique Mme Thélusma. Nous leur demandons par la suite de créer un reportage vidéo sur le parcours de ces jeunes engagés. Nous invitons aussi les élèves à rédiger un manifeste sur l'indignation et, ensuite, nous les amènerons à réfléchir aux façons dont ils pourraient faire bouger les choses.»

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Collaboratrice du Devoir