Où étiez-vous le 11 septembre 2001?

Le 11 septembre 2001 fait partie de ces journées qui marquent les mémoires de façon indélébile. Où étiez-vous le 11 septembre? Comment avez-vous appris la nouvelle? Comment avez-vous réagi? Le Devoir veut recueillir vos témoignages sur cette journée tragique. En ce 10e anniversaire des attentats, nous publierons vos textes, de 2000 caractères maximum, dans l'espace ci-dessous habituellement consacré aux commentaires.

Nous ne publierons pas ici les analyses sur ce que le 11 septembre 2001 a changé dans le monde depuis 10 ans, sur les guerres qui ont suivi, les dérives sécuritaires et ainsi de suite. Vous pourrez vous exprimer sur ces sujets à la suite des autres textes que Le Devoir publiera pour l'occasion. Ce que nous souhaitons recueillir ici, dans cet espace, ce sont essentiellement les témoignages personnels portant sur la journée du 11 septembre 2001, et la façon dont vous l'avez vécue. À vos claviers!
39 commentaires
  • Hyperbolique - Inscrit 8 septembre 2011 17 h 35

    Mon témoignage

    À cette époque, j'habitais à Montréal dans Villeray tout près du marché Jean Talon, alors étudiant au doctorat à l'Université de Montréal. Je me souviens d'une belle matinée ensoleillée et je pestais contre ma ligne téléphonique qui ne fonctionnait pas. J'ai dû me rendre (en robe de chambre) à la cabine téléphonique au coin de la rue Saint-Laurent pour appeler un ami. Ce dernier me dit spontanément au téléphone : "ouvre ta télé, le World Trade Center est entrain de s'écrouler". Tout compte fait, ce fut la matinée ensoleillée la plus déprimante que j'ai vécu.

    Pour une raison que j'ignore, je me retrouvai cet après-midi-là dans le centre ville avec une édition spéciale de la Presse consacrée à l'attentat du World Trade Center. On annonçait que la ville de Montréal avait fait évacuer la tour Ville-Marie. Ridicule ai-je pensé. Je me souviens d'une belle fille inconnue dans une station de métro qui m'interpella pour connaître les dernières nouvelles dans mon édition spéciale de La Presse. J'ai dû discuter avec elle une bonne vingtaine de minute. Je me suis maudit moi-même de ne pas lui avoir demander son numéro de téléphone. Tout le monde en parlait dans le métro : je lisais dans le visage des gens de la consternation et de l'inquiétude, mais pas vraiment de panique.

    Ah oui! Je me souviens maintenant pourquoi j'étais au centre-ville : je devais rencontrer un ami pour aller voir "La fabuleuse histoire d'Amélie Poulain" au cinéma Égyptien (qui existait encore à cette époque). Il va sans dire que j'en suis ressorti avec un goût amer...

    Kevin Hébert
    Sherbrooke

  • northernbud - Inscrit 8 septembre 2011 18 h 12

    Dans le Nord

    Je travaillais à l'époque pour la Cie du Nord Ouest. j'étais basé à Schefferville et je me souviens très bien de m'être dit que Bush serait probablement assez fou pour nous partir une guerre nucléaire avec ça et que je serais bien placé pour voir passer les missiles...

  • Simr12 - Abonné 8 septembre 2011 18 h 12

    11 septembre, et puis?

    Le 11 septembre 2001, j'avais 9 ans et je venait d'entrer en 4e année à mon école primaire. Je me rappelle très bien lorsque je suis arrivé à la maison sur l'heure du dîner. Pour une rare fois, le repas n'était pas prêt, ma mère ne m'avait pas attendu près de la porte et mon père était à la maison au lieu d'être au travail. Je les retrouve tous les deux, les yeux rivés sur la petite télé de la cuisine, à voir les images que nous connaissons tous. Lorsque j'ai demandé ce qui était arrivé, mon père m'a expliqué que des avions s'étaient écrasés sur des grattes-ciels à New York et que c'était une attaque terroriste qui avait pour but d'attaquer les États-Unis. Croyez-le ou non, avec toute mon innocence et mon je-m'en-foutisme d'enfant que j'étais, je lui ai répondu que ce n'était pas grave puisque c'était dans un autre pays et pas le nôtre! C'est durant les jours qui suivirent que j'ai réalisé l'ampleur de la catastrophe, notamment car toutes les chaînes généralistes avaient suspendu leur programmation régulière pour diffuser les bulletins spéciales sur les attentats.

    Simon Renaud, 19 ans

  • Céline A. Massicotte - Inscrite 8 septembre 2011 20 h 49

    Une sombre froideur...

    J'étais chez moi, casanièe comme je suis, et j'ai vu à la télé le premier avion foncé dans la tour: j'ai trouvé ça un peu étrange, mais bon c'était un accident. C'est lorsqu'une amie m'a téléphonné, m'annonçant qu'un deuxième avions en avait fait autant que j'ai compris qu'il s'agissait d'autre chose...

    Je voyais bien les gens effrayés fuir ou observer paniqués, et d'autres plongé dans le vide, et pourtant... je n'ai ressenti que cette sombre froideur. J'aurais bien voulu, mais on ne meurt... qu'une fois.

    La mémoire est une faculté qui se souvient, et comme je l'ai écrit dans une lettre au Devoir LES MORTS N'ONT PAS TOUS LE MÊME POIDS... Non, je ne pensais pas à Hiroshima, j'ai fini par comprendre que s'il leur avait fallu Nagasaki pour se rendre, c'est qu'il s'agissait d'intégristes avant la lettre, et qu'il n'y a que l'horrreur pour les convaincre. Je pensais plutôt au Chili d'Alliende, à un peuple désarmé, à la torture et aux enfants volés, à Bohpal, à cet "accident" qui s'est produit deux jours avant le décès de ma mère, ce qui fait que j'en ai entendu parlé quelques décennies plus tard: des dizaines de milliers de morts par intoxication, mais combien de foetus ravagés, de survivants qui n'en finissent pas de mourir, tout ça suite à ce qui était annoncé depuis longtemps, mais n'intéressait pas la Union Carbide; des décennies plus tard, des broutilles, et les effets secondaires niés. Et là, il aurait falu que je pleure? Et on nous a bassiné les oreilles pendant des mois: "qu'avez-vous ressenti...". Pour contrôler le monde y a parfois un prix à payer, surtout lorsque, on le voit bien, on arrive pas à se contrôler soi même.

    Je fus très fière d'apprendre, peu après, que Montréal était la ville où, proportionnellement, il y avait le plus de manifestants contre l'invasion de l'Irak, d'autant que j'en étais. Oui, nous sommes une nation, quand allons-nous nous le réaliser vraiment?

  • Pierre Norris - Inscrit 8 septembre 2011 20 h 58

    La coïncidence du siècle!

    Simr12, mon récit est IDENTIQUE au tien du début à la fin, exactement pareil.