DSK est de retour en France

Paris — Quatre mois après son arrestation à New York dans une affaire d'agression sexuelle pour laquelle toutes les poursuites pénales ont été abandonnées le 23 août, Dominique Strauss-Kahn a regagné dimanche matin la France, sans faire de déclaration.

Après s'être envolé de New York samedi soir en compagnie de son épouse Anne Sinclair, l'ancien patron du Fonds monétaire international (FMI) est arrivé dimanche matin vers 7h à l'aéroport parisien de Roissy, où l'attendaient de très nombreux journalistes, photographes et caméras.

Protégés par un important dispositif policier, Dominique Strauss-Kahn et Anne Sinclair, souriants, ont récupéré leurs bagages et quitté rapidement l'aéroport, sans faire de commentaires. Suivis par des journalistes et photographes à moto, ils sont montés dans une voiture qui les a conduits à leur domicile parisien, place des Vosges, où ils ont retrouvé la même cohue médiatique.

Retour encombrant

Le retour de Dominique Strauss-Kahn en France pourrait s'avérer encombrant pour le Parti socialiste (PS), à cinq semaines du premier tour des primaires. Alors que la parole de l'ancien patron du Fonds monétaire international est attendue dans les prochains jours, les ténors socialistes restent divisés sur l'attitude à adopter.

Dimanche matin, les soutiens de DSK se sont largement exprimés dans les médias. Ils ont assuré que leur chef de file en ferait autant prochainement.

Dominique Strauss-Kahn et son épouse Anne Sinclair «ont subi une épreuve terrible. Ils ont fait preuve d'une dignité, une force d'âme, une puissance de caractère et d'un courage assez exceptionnels», leur a rendu hommage le député du Pas-de-Calais Jack Lang, interrogé par l'Associated Press.

«Je ne sais pas à quel moment, à quelles conditions, mais si (DSK) le veux, il peux jouer, pas nécessairement dans la campagne mais la vie du pays, la vie de l'Europe, un rôle très important», a poursuivi l'ancien ministre.

«Le temps de la reconstruction commence», écrit le député de Paris Jean-Christophe Cambadélis sur son blog. «Aujourd'hui, DSK est libre de son rythme et de ses choix [...] La sévérité des jugements à l'emporte-pièce se relativisera [...] La France face à cette crise économique aura besoin de son talent et l'épreuve inouïe l'aura mûri»

Selon Jean-Marie Le Guen, autre proche de Dominique Strauss-Kahn, ce dernier «a l'intention de s'exprimer bientôt». «Ce que je sais, c'est que sa volonté est de s'expliquer, de parler aux Français», très «directement» et «franchement», a assuré le député PS de Paris sur France-Info.

DSK avait été arrêté le 14 mai à l'aéroport de New York alors qu'il se trouvait dans un avion pour Paris, après des accusations d'agression sexuelle et tentative de viol sur une femme de chambre d'un hôtel new-yorkais, Nafissatou Diallo. L'ancien ministre de l'Economie a toujours protesté de son innocence et plaidé non coupable.

Brièvement emprisonné puis assigné à résidence contre le paiement d'une importante caution, il a été remis en liberté le 1er juillet après la révélation de premières incohérences dans le témoignage de la victime présumée, mais avec interdiction de quitter le territoire américain.

Le 23 août, le juge Michael Obus du tribunal de Manhattan a décidé d'abandonner toutes les poursuites à son encontre. Le magistrat a suivi les procureurs qui demandaient l'abandon des sept chefs d'accusation retenus contre Dominique Strauss-Kahn, dont ceux d'agression sexuelle, tentative de viol, séquestration et attouchements forcés, en raison des mensonges et contradictions de l'accusatrice, témoin principal de l'accusation.

Si le volet pénal de l'affaire s'est refermé, DSK n'en a pas fini avec la justice américaine car la femme de chambre a maintenu ses accusations et a porté plainte au civil le 8 août pour obtenir réparation financière. La présence de l'ex-patron du FMI au procès n'est pas nécessaire.

Depuis son arrestation, Dominique Strauss-Kahn, 62 ans, a dû démissionner de son poste au FMI et renoncer à ses ambitions pour l'élection présidentielle de 2012 en France. Les explications de l'ex-favori des sondages sont désormais très attendues.

Par ailleurs, une autre affaire est en cours en France. Le parquet de Paris a ouvert une enquête préliminaire après la plainte déposée par l'écrivain et journaliste Tristane Banon, qui accuse l'ancien ministre de l'Economie d'avoir tenté de la violer à Paris en 2002.

10 commentaires
  • veronique bernadette - Inscrit 4 septembre 2011 14 h 20

    DSK il faut lui lancer des oeufs au lieu de le recevoir en star !!

    quelle honte de voir cet homme s'en tirer comme ça, essayer de ne pas payer vos contraventions, vous serez plus ennuyer que lui pour un viol !!!
    revenir en politique mais il faut absolument empêcher ce sale bonhomme ne serait ce que d'y penser !!!
    réveillez vous , c'est important qu'il sache que les français on honte de lui même si il revient en vainqueur, il ne respecte pas les femmes et sa femme est bien humiliée mais qu'elle le VIRE !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!

  • Claude Laferriere - Inscrit 4 septembre 2011 16 h 39

    La France?

    Contrée problématique et discréditée encore une fois. Un MILLIARDAIRE de gauche, il faut le faire.

    Le summum de la honte depuis l'occupation. Une histoire de fellation, et la majorité des Français le supportent...qu'est devenu le pays de mes ancêtres?

  • Jonathan Bizier - Inscrit 5 septembre 2011 01 h 42

    Quelle farce?!

    Les commentaires ci-dessous sont plus que hilarants. Croire que DSK est coupable dans cette affaire est aussi stupide que de croire que la terre est encore plate. Un des hommes les plus puissants au monde aurait "violé" une femme de chambre de New York? Sans doute il n'aurait pas les moyens de se procurer une escorte de luxe? Sans doute il aurait risquer salir sa réputation à quelques jours des primaires? Sans doute il l'aurait arrêter dans l'avion à 2 minutes du départ?

    Voyons soyez un peu cohérent. DSK a été victime d'un coup salaud comploté par des intérêts politques. Voyant la popularité grandissante de DSK, des accolytes ont voulus mettre un frein à sa future ascension au trône. Les idées de mutualisation de gauche sont très impopulaire aux seins des gens puissants. Les gens puissants ont habituellement les moyens de s'en débarasser. L'argumentaire incohérent de la femme de chambre, qui a déja surement encaissé un très bon chèque en est la preuve. Mais maintenant qu'il ne peut plus se présenter à la présidentielle et qu'il a perdu ses fonctions, la partie est gagnée. Comment salir une réputation en 2 temps 3 mouvements.

  • Guillermo Navarro Garcia - Inscrit 5 septembre 2011 08 h 04

    A M. Laferrière

    Je ne pense pas que la majorité des français le supporte, un sondage récent donnait que 80% des français ne voulaient pas qu'il ait dorénavant un quelconque rôle officiel. Ce n'est pas l'idée que je me fais du support d'un peuple à un homme politique.

    Si vous voulez avoir honte de la France cherchez du côté de son passé colonial et ou des soubresauts xénophobes qui parsèment son histoire.

  • France Marcotte - Inscrite 5 septembre 2011 09 h 14

    Ce sourire prouve mon innocence

    "Le 23 août, le juge Michael Obus du tribunal de Manhattan a décidé d'abandonner toutes les poursuites à son encontre. Le magistrat a suivi les procureurs qui demandaient l'abandon des sept chefs d'accusation retenus contre Dominique Strauss-Kahn, dont ceux d'agression sexuelle, tentative de viol, séquestration et attouchements forcés, en raison des mensonges et contradictions de l'accusatrice, témoin principal de l'accusation", disent en choeur Associated Press et Le Devoir
    On en conclut que monsieur a bien raison de sourire.

    Mais dans son éditorial du 24 août dernier, Josée Boileau précise:
    "Pourtant, des faits restent, irréfutables. Il est prouvé qu'il y a eu contact sexuel entre les deux parties à cette affaire, à peu près dans les termes décrits par madame Diallo[...] Leur rencontre a été expéditive: sept à neuf minutes, précisent les procureurs."
    "Mais seule la crédibilité de la plaignante pouvait permettre de déterminer s'il y a eu force et absence de consentement, soulignent les procureurs."

    La crédibilité de monsieur n'étant pas à considérer, on comprend que son sourire et celui de son épouse sont là pour prouver son innocence.