La Norvège va former plus de policiers

Cinq jours après l'explosion dans le centre d'Oslo et la fusillade perpétrées par un extrémiste de droite norvégien, le chef du gouvernement s'est engagé à procéder à un examen approfondi des mesures de sécurité alors que des critiques se multiplient dans le pays sur la façon dont la police a géré les attaques.

«Après l'enquête et quand, d'une certaine façon, nous aurons fini de réconforter ceux qui ont perdu des proches, le moment viendra d'examiner toutes les expériences que nous tirons de cette opération», a déclaré le premier ministre lors d'une conférence de presse, tout en assurant que «toutes les ressources disponibles» avaient été employées lors des attaques.

Il a annoncé la mise en place d'une commission indépendante pour tirer les leçons des attaques. Son objectif, a-t-il précisé, sera d'«établir ce qui a fonctionné et ce qui a moins bien fonctionné», assurant néanmoins qu'il ne s'agissait pas d'une «commission d'enquête».

M. Stoltenberg a ajouté que le pays «ne se laisserait pas intimider» par les attaques de vendredi qui visent «à semer la crainte et la panique».

De son côté, le chef de l'équipe d'intervention qui a arrêté l'auteur de la fusillade sur l'île d'Utoya s'est dit fier du travail de ses hommes.

Et le ministère de la Justice a fait savoir qu'il débloquait un total de 20 millions de couronnes (2,6 millions d'euros) pour créer 100 nouveaux postes de policiers, a annoncé le principal syndicat policier, Politiets Fellesforbund.

Signe de la nervosité persistante du pays : la population d'Oslo s'est réveillée hiere matin en apprenant qu'une grande partie de la gare centrale avait été évacuée en raison d'une valise suspecte retrouvée dans un bus en stationnement. L'alerte a finalement été levée deux heures plus tard après une inspection du véhicule par une équipe de démineurs.

Photos du «suspect» à l'appui, la police a par ailleurs indiqué qu'elle recherchait un homme «psychologiquement instable», «dangereux» et s'identifiant, selon elle, à Anders Behring Breivik, le Norvégien qui a reconnu être l'auteur du carnage de vendredi.

Mais cette alerte a, cette fois encore, été levée: «Il n'y a aucun lien avec les attaques de vendredi», a dit Per Thomas Omholdt, de la police du district où se trouve l'île d'Utoya, théâtre de la fusillade qui avait ciblé quelque 600 membres de la jeunesse travailliste.

Lors de ses auditions, Behring Breivik a indiqué avoir agi seul mais il a aussi évoqué des «cellules» liées à son projet, «deux en Norvège» et «plusieurs à l'étranger», a précisé M. Lippestad, sans pouvoir dire où précisément.

Le chef des services de renseignements intérieurs norvégiens, Janne Kristiansen, a indiqué qu'il n'y avait aucune preuve pour l'instant qu'il ait eu des complices ou liens éventuels avec de telles «cellules» en Europe.

Les experts en terrorisme de l'Union européenne doivent précisément tenir une réunion d'urgence aujourd'hui à Bruxelles avec leurs homologues norvégiens afin d'analyser les moyens dont dispose l'UE pour prévenir de telles attaques.

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