Écoutes téléphoniques: Rupert Murdoch affirme ne pas être responsable

Londres — Rupert Murdoch a affirmé aujourd'hui à Londres qu’il n’était pas responsable du scandale des écoutes téléphoniques illicites dont sont soupçonnés des employés et journalistes du défunt tabloïd News of the World (NoW).

L’hebdomadaire à sensation, fermé le 10 juillet, appartenait à News International, filiale britannique de son groupe de presse News Corp.

Le magnat australo-américain des médias, âgé de 80 ans, témoignait devant la commission d’enquête parlementaire sur les pratiques du NoW, soupçonné d’avoir piraté à grande échelle dans les années 2000 les messageries téléphoniques de membres de la famille royale, personnalités politiques, stars, mais aussi victimes d’attentats et de meurtre. Des policiers auraient également été payés pour donner des informations, voire fermer les yeux sur certains aspects de l’enquête.

Rupert Murdoch a affirmé qu’il ignorait que Rebekah Brooks, ancienne directrice générale de News International, avait reconnu en 2003 devant une commission parlementaire avoir versé de l’argent à des policiers. «Nous avons payé par le passé la police pour des informations», avait-elle alors déclaré.

Invité par les parlementaires à préciser pourquoi il n’avait pas enquêté sur les déclarations de Mme Brooks, Rupert Murdoch a répondu: «je n’en avais pas connaissance». Le News of the World, a-t-il expliqué, représentait «moins d’un pour cent» de son groupe News Corp qui emploie au total 53 000 personnes dans le monde.

Il a dit, par ailleurs, ne pas avoir été informé que son groupe avait versé de fortes sommes d’argent — 700 000 livres sterling dans certains cas — pour régler à l’amiable des poursuites engagées par des victimes dont les conversations téléphoniques ont été espionnées.

Pressé de questions par les députés, l’homme d’affaires semblait de plus en plus nerveux au fil de son témoignage, au début placé sous le signe de la contrition. Il est parfois apparu mal à l’aise, s’exprimant de façon laconique et se tournant souvent vers son fils James — responsable des opérations internationales de News Corp — pour les réponses.

James Murdoch, de son côté, a de nouveau présenté les excuses du groupe pour le scandale, qui ne reflète «pas les normes auxquelles aspire notre société». News Corp, a-t-il plaidé, a agi de manière aussi rapide et transparente que possible pour faire face aux conséquences de cette affaire.

L’audition de Murdoch marquée par un incident

Par ailleurs, un homme a provoqué un incident aujourd'hui lors de l’audition de Rupert Murdoch devant la commission d’enquête parlementaire, ce qui a entraîné une brève suspension de la séance.

L’homme a apparemment tenté d’agresser le magnat australo-américain des médias en lui jetant dessus de la mousse blanche contenue dans une assiette. Il a ensuite été frappé par Wendi Deng, l’épouse de Rupert Murdoch, qui s’est levée pour le défendre.

La police a interpellé un homme, qui semblait menotté, et dont le visage et la chemise étaient recouverts de mousse blanche. Il semble que la mousse ait aussi éclaboussé le costume de Rupert Murdoch lors de l’agression qui a eu lieu plus de deux heures après le début de son audition et de celle de son fils, James Murdoch. Celle-ci a ensuite pu reprendre, après l’évacuation des journalistes et du public qui se trouvaient dans la salle.

3 commentaires
  • Claude Kamps - Inscrit 19 juillet 2011 14 h 39

    Le contraire m'aurais étonné !!

    Les propriétaires de ces oligarchies, ne sont responsable que de leur richesse !!
    Comment prouver la responsabilité d'un propriétaire de journaux mondiaux? Impossible, sauf par l’impôt, comme pour la mafia aux USA...

  • Roland Berger - Inscrit 19 juillet 2011 19 h 56

    Ignorance salvatrice

    Sont responsables les personnes en qui Murdoch a fait confiance, déclare ce dernier. Comme si ce n'était pas lui qui les avait mis en poste en leur faisant confiance. Les riches ont leur propre morale.
    Roland Berger

  • Oraquan - Inscrit 19 juillet 2011 20 h 52

    Pauvre vieil homme !

    La comédie humaine se poursuit, c'est pas mal drôle. On a même pas besoin d'Aller au cirque.