Affaire DSK - Le procureur de Manhattan refuse de se retirer

New York — Le procureur de Manhattan a annoncé hier le maintien des poursuites pour crimes sexuels contre Dominique Strauss-Kahn et exclu de se dessaisir de l'affaire, comme l'a réclamé l'avocat de la victime présumée en accusant le bureau du procureur de «fuites» dans la presse.

«Je vous écris pour le compte de la victime afin de demander le retrait immédiat de votre bureau» de l'affaire DSK, a écrit hier Kenneth Thompson, l'avocat de la femme de chambre de l'hôtel Sofitel de 32 ans qui accuse M. Strauss-Kahn, dans une lettre adressée au procureur Vance.

«Votre bureau est apparemment responsable de fuites répétées et préjudiciables dans les médias la semaine dernière, qui visaient à discréditer la réputation de la victime, voire, et c'est peut-être le plus grave, à ébranler les charges qui pèsent contre M. Strauss-Kahn.»

Le procureur de Manhattan a aussitôt manifesté son «désaccord profond» avec le contenu de cette lettre et refusé de se retirer de l'affaire. «Toute suggestion selon laquelle ce bureau devrait se retirer est complètement dénuée de fondements», a déclaré Erin M. Duggan, porte-parole du bureau du procureur.

«L'enquête se poursuit», avait indiqué plus tôt le bureau du procureur Vance, à l'issue d'une réunion avec les avocats de l'ex-patron du FMI. Aucune information n'a filtré de la réunion qualifiée de «constructive» par Benjamin Brafman, l'un des défenseurs de l'ancien ministre.

Les ennuis judiciaires de Dominique Strauss-Kahn se poursuivaient pendant ce temps en France avec le dépôt par la journaliste Tristane Banon d'une plainte pour tentative de viol remontant à 2003. Le parquet de Paris a indiqué hier que cette plainte était «à l'étude».

Désormais, le parquet peut décider de mener une enquête préliminaire, d'ouvrir une information judiciaire confiée à des juges ou de classer sans suite.