Affaire DSK : revirements outre-atlantiques

Tristane Banon et son avocat David Koubbi quittent le bureau de ce dernier à Paris, plus tôt dans la journée. L'avocat de la romancière Tristane Banon a déposé aujourd'hui une plainte accusant Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol.<br />
Photo: La Presse canadienne (photo) Rémy de la Mauvinière/AP Tristane Banon et son avocat David Koubbi quittent le bureau de ce dernier à Paris, plus tôt dans la journée. L'avocat de la romancière Tristane Banon a déposé aujourd'hui une plainte accusant Dominique Strauss-Kahn de tentative de viol.

Dominique Strauss-Kahn n’en a visiblement pas terminé avec la justice, à New York comme à Paris. Plusieurs revirements ont encore eu lieu aujourd’hui des deux côtés de l’Atlantique. Alors que la femme de chambre Nafissatou Diallo, qui l’accuse d’agression sexuelle, poursuit en diffamation le New York Post pour l’avoir qualifiée de prostituée, la journaliste et romancière Tristane Banon, qui dit avoir été victime d’une tentative de viol de sa part en février 2003, a adressé aujourd'hui une plainte auprès du parquet de Paris.

Adressée par courrier par son avocat, Me David Koubbi, cette plainte survient alors l’ex-directeur général du FMI a été remis en liberté sans caution à New York après la mise en cause de la crédibilité de sa victime présumée. «Si je veux un jour mettre un terme à cet enfer de huit ans, il faut que ce soit jugé», explique la jeune femme à l’hebdomadaire L’Express.

«Dépôt de plainte adressé au procureur de la République près le tribunal de grande instance de Paris», a confirmé Me Koubbi par SMS à l’Associated Press. Le parquet, après étude de la plainte, peut décider de l’ouverture d’une enquête préliminaire ou de la classer sans suite.

La prescription en matière de viol, un crime, est de dix ans. Si la justice considère que les faits dont la jeune femme dit avoir été victime s’apparentent à une agression sexuelle, ils seraient prescrits, le délai de prescription étant de trois ans pour les délits.

Me Koubbi avait déclaré lundi à APTN que cette plainte viserait nominativement M. Strauss-Kahn. «J’ai toujours indiqué qu’il y avait un timing judiciaire auquel j’étais soumis, qui est un timing judiciaire français et qui nécessite du travail, de la réflexion, de la prudence et de la raison», a-t-il expliqué.

En réponse à cette plainte, les avocats de DSK ont affirmé qu’ils allaient contre-attaquer avec une plainte pour «dénonciation calomnieuse». Réaffirmant que leur client tient pour «imaginaires» ces accusations, Mes Henri Leclerc et Frédérique Baulieu ont noté que la plainte de Mlle Banon «intervient fort opportunément pour la plaignante au moment même où le caractère mensonger des accusations dont il a été l’objet aux États-Unis ne fait plus aucun doute».

«Quoi que Dominique Strauss-Kahn [...] ait fait ou pas» à Nafissatou Diallo, «ça ne change rien à ce qu’il m’a fait», répond Tristane Banon dans L’Express. Si les choses ne se sont pas passées là-bas comme elles nous étaient présentées, il me faudra donc prouver davantage qu’il m’a fait du mal à moi. Sinon, je vais encore me faire traiter d’affabulatrice. Je suis donc encore plus déterminée. Si je veux un jour mettre un terme à cet enfer de huit ans, il faut que ce soit jugé».

La jeune femme ajoute que si elle a décidé de porter plainte, après en avoir été dissuadée par son entourage, «ce n’est pas pour [se] venger de DSK, mais pour [se] relever». «Mon seul moyen d’avancer, de ne pas m’écrouler complètement, est que la justice reconnaisse que c’est moi, la victime», dit-elle en souhaitant que M. Strauss-Kahn «revienne en France avec sa présomption d’innocence pour que l’on aille devant un tribunal. Je sais bien que dans ce genre d’affaire, où c’est parole contre parole, sans même parler de gens si puissants, les présumés coupables sont souvent relâchés. Mais moi, je sais que je dis la vérité».

Par ailleurs, la femme de chambre qui accuse Dominique Strauss-Kahn d’agression sexuelle poursuit en diffamation le New York Post pour l’avoir qualifiée de prostituée.

Kenneth Thompson, l’avocat de l’employée du Sofitel de Manhattan, a déposé plainte mardi auprès d’un tribunal du Bronx.

Dans une série d’articles parus ce week-end, le quotidien affirmait que la femme de chambre de 32 ans était une «prostituée», une «tapineuse» et «monnayait ses faveurs sexuelles».

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Avec l'Associated Press
1 commentaire
  • Bertrand Gardere - Inscrit 5 juillet 2011 17 h 41

    Vue de France

    Cette affaire soulève tout de même quelques questions ! Au moment des faits relatés par la victime, la mère de Tristane Banon, persuade sa fille de ne pas porter plainte. Madame, n'explique pas pourquoi. Plus tard elle regrette et aujourd'hui, elle soutient de nouveau sa fille, ce qui semble une position somme toute beaucoup plus logique. Le revirement est-il suggéré par des enjeux politiques ? S'agit-il d'empêcher DSK de revenir sur l'échiquier français si jamais il sortait blanchi de l'affaire new-yorkaise ? Recherche-t-on des ressources financières ? A qui profite le crime ? D'emblée les pistes sont tellement nombreuses et Tristane Banon tellement fragile au milieu de tous ces enjeux qu'elle n'a pas l'heur de contrôler, qu'il est entendu que cette affaire n'aboutira à aucune condamnation.