Un autre front s'ouvre pour DSK

Les rebondissements n'en finissent plus autour de l'ancien grand patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.
Photo: La Presse canadienne (photo) David Karp/AP Les rebondissements n'en finissent plus autour de l'ancien grand patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn.

Alors que prenait corps l'hypothèse d'un «come-back» de Dominique Strauss-Kahn, qui fut le meilleur candidat potentiel de la gauche pour battre l'actuel locataire du palais de l'Élysée, Nicolas Sarkozy, à l'élection présidentielle de 2012, nouveau coup de tonnerre avec l'annonce d'une nouvelle plainte, cette fois en France.

Les rebondissements n'en finissent plus autour de l'ancien grand patron du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn. Quelques heures à peine après que l'avocat de la journaliste et écrivaine Tristane Banon eut fait savoir que sa cliente allait porter plainte pour tentative de viol, les avocats français de l'homme politique ont contre-attaqué en annonçant le dépôt d'une «plainte en dénonciation calomnieuse».

M. Strauss-Kahn «a pris connaissance de l'intention de Mme Tristane Banon de déposer plainte à son encontre». Or les faits qu'elle évoque sont «imaginaires», soutiennent les avocats de DSK. Par conséquent, Me Henri Leclerc et Me Frédérique Baulieu «ont été chargés de rédiger une plainte en dénonciation calomnieuse contre Mme Banon».

La journaliste et écrivaine, âgée de 32 ans, qui avait déclaré en juin ne pas vouloir s'associer à la procédure américaine à l'encontre de DSK, a finalement décidé de déposer une plainte aujourd'hui, a indiqué hier son avocat, David Koubbi, dans un entretien publié sur le site Internet de L'Express.

Après avoir annoncé le 16 mai que sa cliente envisageait de porter plainte contre Dominique Strauss-Kahn, Me Koubbi avait indiqué quatre jours plus tard que la décision sur ce point était «réservée à plus tard».

«En aucun cas, ni Tristane Banon ni moi-même ne souhaitons être instrumentalisés par la justice américaine ou prêter quelque concours que ce soit afin que ces deux dossiers soient liés d'une manière ou d'une autre», avait déclaré Me Koubbi.

Des propos qu'il a confirmés hier: «Je n'ai été contacté par personne à droite, je ne suis à la solde de personne. [...] Je n'ai pas agi en fonction du contexte», assure Me Koubbi.

Mais la concomitance de cette nouvelle plainte et d'un retour possible pour DSK sur le devant de la scène politique française ne manquera pas d'alimenter la théorie du complot défendue par certains de ses proches.

D'après un sondage publié hier, 42 % des Français considèrent actuellement que Dominique Strauss-Kahn pourrait faire un «bon président», soit autant que le député socialiste François Hollande et plus que la patronne du parti Martine Aubry (38 %), les deux principaux candidats déclarés à la primaire socialiste.

Pour porter plainte aujourd'hui pour des faits remontant à février 2003, il incombe néanmoins à Tristane Banon de prouver qu'elle a été effectivement victime d'une tentative de viol, un crime prescrit au bout de dix ans et passible de quinze ans de réclusion, a fait remarquer David Koubbi.

La justice américaine a libéré vendredi sans caution Dominique Strauss-Kahn et lui a rendu l'argent versé en garantie en raison de doutes sur la crédibilité de Nafissatou Diallo, la femme de chambre du Sofitel qui l'accuse de tentative de viol.

Mais, pour l'heure, aucune des accusations retenues contre l'ancien favori des sondages pour la présidentielle française de 2012 n'est abandonnée, a précisé le procureur général de New York.

«Avec ma cliente, nous avions pris notre décision avant ce rebondissement du 1er juillet, à savoir dès la mi-juin», a précisé Me Koubbi, hier, faisant allusion aux doutes apparus quant à la véracité des accusations de viol contre DSK portées par une femme de chambre de l'hôtel Sofitel de Manhattan.

En février 2007, Tristane Banon avait raconté sur un plateau de télévision avoir été agressée sexuellement cinq ans plus tôt par M. Strauss-Kahn, dont le nom avait toutefois été masqué lors de la diffusion de l'émission. La femme avait expliqué avoir dû se débattre pour se défaire d'un homme qui lui «a dégrafé [son] soutien-gorge, a essayé d'ouvrir [son] jean». Tristane Banon avait alors fait le choix de ne pas porter plainte afin de ne «pas être, jusqu'à la fin de [ses] jours, la fille qui a eu un problème avec un homme politique».

En 2002, la mère de Tristan Banon, Anne Mansouret, qui est membre du PS, l'avait dissuadée de porter plainte. Depuis, Tristane Banon envisageait une action en justice.

«Fortement incitée» à porter plainte ?

La nouvelle a été accueillie avec scepticisme dans les rangs du Parti socialiste. Le député Jean-Christophe Cambadélis, proche de DSK, a estimé, hier sur la chaîne de radio Europe 1, que Tristane Banon avait sans doute été «fortement incitée» à porter plainte, soulignant qu'il lui avait fallu «huit ans de réflexion» pour se décider. «Je suppose que ce n'est pas en se regardant dans la glace le matin, qu'elle s'est dit: "Mais tiens, au fait, aujourd'hui il faut que je porte plainte"», a ajouté l'élu de Paris. Selon lui, «il y a eu une petite discussion, ne serait-ce qu'avec son avocat et un certain nombre de gens qui sont dans son entourage».

Le candidat à la primaire socialiste François Hollande a déclaré souhaiter mettre un terme aux «polémiques» et «colportages» autour de l'affaire Strauss-Kahn-Banon, estimant que le climat devenait «absolument détestable».

«Je veux absolument mettre un terme à toutes ces polémiques ou colportages. Lorsqu'il se passe un événement, c'est à la victime supposée de porter plainte, et le plus tôt est le mieux», a affirmé M. Hollande, le ton grave.

Interrogé sur son rôle en tant que premier secrétaire du Parti socialiste — à l'époque de l'incident présumé —, François Hollande a nié toute tentative d'obstruction: «Sa mère, Anne Mansouret, avait évoqué un incident qui s'était passé, mais je n'en sais pas plus. Et j'ai dit, comme je dis toujours, s'il y a matière, c'est vers la justice qu'il faut se tourner, et pas vers le premier secrétaire de l'époque du Parti socialiste.»

Tristane Banon explique également dans l'entretien mis en ligne hier sur le site Web de L'Express ne plus supporter «d'entendre dire qu'[elle] est une menteuse du fait qu'[elle] ne porte pas plainte». «Aujourd'hui, de voir Strauss-Kahn libéré puis aussitôt dîner dans un restaurant de luxe entre amis, ça me rend malade», ajoute-t-elle.

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D'après Le Monde, Reuters et l'Agence France-Presse
20 commentaires
  • Vive le Québec libre - Inscrit 5 juillet 2011 05 h 18

    TOUS CONTRE UN !!!

    Tous contre un ! Voilà ce qu'il se passe actuellement. DSK n'est certes pas un saint, mais en plus il est menaçant pour le Seigneur de l'Élysée. Voilà la vrai raison, il faut le neutraliser avant qu'il aillent plus loin au point de renverser ce gouvernement ''Jet set''.
    Sarko à plus d'un tour dans son sac, d'autant plus que Monsieur Desmarais ne doit surement pas bien supporter que son ''poulain'' soit mis sur la sellette par ce personnage haut combien plus brillant que Sarko, bien que son seul défaut et non le moindre, c'est celui de ne penser un peu trop souvent avec sa queue qu'avec sa tête.

  • Daniel Hémond - Inscrit 5 juillet 2011 07 h 11

    DSK

    Bon!
    Ya certainement quelque chose qui m'échappe, probablement parceque je ne suis pas initié.
    Tout ce qui s'abat sur DSK en ce moment n'est certainement pas uniquement le fruit d'un karma qui se morpionne.
    Quelques éléments qui se combinent; il est juif et certainement intelligent. Il est ou sympathique ou baveux ou condescendant ou humblement supérieur.
    Je chooisirais humblement supérieur avec une pointe je suis très supérieur. Il est juif tout de même.
    Ensuite quoi? Il se compte beaucoup d'amis juifs bien placés dans le monde et surtout en France, pour ne nommer que Lévy qui a prit sa défense.
    Il fait donc parti d'une élite issue d'un groupe relativement fermé, les Juifs.

    Je trouve que le mot Juif revient souvent tout de même et si je laisse mon esprit s'imprégné de ce se ntiment que j'ai que quelques-uns quelque part rêvent de dominer le monde.
    Bon ya pas que les Juifs, certainement, je veux dire les Sionistes. Il y a certainement d'autres groupes issus de d'autres croyances.
    Je crois qu'il y a en ce moment quelque chose qui se joue et que nous ne saurons probablement jamais.
    Dans la stratosphère des dirigenats du monde, il doit également y avoir des conflits entre sectes rivales pour la domination du monde.
    Avez-vous remarqué comme nous sommes gouvernés pas des clowns, Sarkosy, Berluscony, et bien d'autres qui sont certainement manipulés par les dominants, ceux qui sont hyper riches et puissants. Les sociétés comme Shell, Total,Power Corporation, pour ne nommer que quelques unes de ces multinationales.
    Alors pour ce qui est de DSK, il serait peut-être une victime collatérale de haut rang... À suivre

  • Claude Kamps - Inscrit 5 juillet 2011 08 h 22

    Le défit sera encore de prouver...

    et après 8 ans c'est difficile de faire la lumière sur un évènement qui s'est passé dans le noire pour tout le monde sauf pour ces deux personnes...

    À voir comment ces procès tourne, surtout pour une «tentative de viol», ce sera plus une visibilité médiatique pour la journaliste que d'autre chose...

    J’espère qu'en plus de l’humiliation qui doit être pas mal tombée après 8 ans elle fera encore partie des journalistes bien considéré...

    Il est triste qu'un moment de vie qu'elle était pas obligé de relaté et qui n'a en fait pas beaucoup de conséquence quand on grandit, «tentative» est si largement interprétable est pas une trace indélébile, puisse faire raté une carrière, à moins que celle ci soit déjà si basse qu'on pense lui donné un coup de fouet avec une réaction de frustrée?