Flottille d'aide pour Gaza: un capitaine de bateau est arrêté par la Grèce

Le capitaine de l'Audacity of Hope est accusé d'avoir tenté de quitter le port sans permission et d'avoir mis la vie des passagers du bateau en danger. La deuxième accusation rend le capitaine passible d'emprisonnement.
Photo: La Presse canadienne (photo) Darko Bandic/AP Le capitaine de l'Audacity of Hope est accusé d'avoir tenté de quitter le port sans permission et d'avoir mis la vie des passagers du bateau en danger. La deuxième accusation rend le capitaine passible d'emprisonnement.

Athènes - Les autorités de la Grèce ont arrêté samedi le capitaine d'un bateau faisant partie de la flottille pour Gaza, qui tente d'acheminer de l'aide humanitaire au territoire palestinien.

Le capitaine de 60 ans, dont le nom n'a pas été dévoilé, est détenu dans les quartiers généraux de la police de Pirée. Il y restera jusqu'à son audience mardi.

Un membre de la garde côtière grecque a déclaré que le capitaine de l'Audacity of Hope était accusé d'avoir tenté de quitter le port sans permission et d'avoir mis la vie des passagers du bateau en danger. La deuxième accusation rend le capitaine passible d'emprisonnement.

Le bateau transportait 36 passagers, quatre membres d'équipage et environ 10 membres des médias. Vendredi, il a tenté de mettre les voiles à partir du port de Perama, mais les bateaux de la garde côtière ont rapidement contrecarré sa tentative. La même journée, la Grèce a annoncé qu'elle empêcherait les bateaux arrimés à ses quais de quitter ses ports en direction de Gaza.

À Jérusalem, Israël a nié avoir saboté des bateaux dont l'équipage souhaite contourner le blocus maritime israélien.

Les activistes ont accusé Israël d'avoir vandalisé deux bateaux amarrés en Turquie et en Grèce et qui faisaient partie de la «Flottille de la liberté» souhaitant atteindre le territoire palestinien.

Le porte-parole du ministre israélien des Affaires internationales, Yigal Palmor, a qualifié ces accusations de sabotage de «ridicules», les réduisant à de «tristes théories de complot».

Selcuk Unal, le porte-parole du ministre des Affaires étrangères de la Turquie, a déclaré que les autorités avaient déterminé qu'un bateau irlandais, qui mouille dans le port turc de Gocek sur la mer Égée, n'avait pas été vandalisé.

Israël dit avoir imposé un blocus en 2007 afin d'empêcher que des armes soient distribuées au Hamas, qui contrôle Gaza. Les activistes estiment quant à eux que le blocus emprisonne les Palestiniens.

Joint en Crète par la Presse canadienne, Stéphan Corriveau, du comité de direction du navire canadien, le Tahrir, a dénoncé les mesures du gouvernement grec, qu'il considère illégales et inadmissibles.

Mais M. Corriveau promet que les membres de la délégation canadienne de la flottille, qui compte quatre Québécois, débordent d'imagination et qu'ils prendront tous les moyens non violents à leur disposition pour mener à bien leur mission. M. Corriveau rappelle que l'embarcation est en règle et que les inspecteurs n'ont rien trouvé d'illégal, malgré leurs nombreuses fouilles depuis une semaine. Il explique par ailleurs que les organisateurs sont parvenus samedi à mettre à l'eau de manière symbolique un petit bateau à rames chargé de médicaments.

Neuf activistes ont été tués sur un bateau turc l'an dernier, dans un raid d'Israël sur une flottille semblable.

Dans un communiqué, le groupe de médiateurs au Moyen-Orient, formé par les Nations Unies, l'Union européenne et la Russie, a dit qu'il demeurait préoccupé par les conditions de vie difficiles des Palestiniens à Gaza. Ils ont toutefois souligné qu'ils avaient remarqué «une augmentation marquée de la quantité et de la diversité de biens et des matériaux» qui étaient entrés à Gaza dans la dernière année.

Le groupe a demandé que la distribution de biens se fasse via les voies déjà établies, dont les passages israéliens et égyptiens font partie. Il exige aux pays d'être «restrictifs et demande à tous les gouvernements impliqués d'utiliser leur influence afin de décourager la création de nouvelles flottilles. Celles-ci mettraient en danger la vie de leurs participants et pourraient mener à une escalade de violence», indique le communiqué.  
6 commentaires
  • michel lebel - Inscrit 2 juillet 2011 13 h 55

    Dialogue!

    L'information nous manque. Qui faut-il croire? Une chose est certaine: s'impliquer dans le conflit palestino-israélien n'est pas et ne sera jamais une partie de plaisir. La solution ne peut résider que dans le dialogue direct entre les deux principales parties concernées. Il n'y a pas d'autre issue! L'objectif pousrsuivi par cette flotille va-t-il dans ce sens? Peut-être, mais je n'en suis pas convaincu.

  • SergeLL - Inscrit 3 juillet 2011 01 h 57

    Des vivres, des médicaments et surtout l'expression de notre solidarité

    Parler du droit de défense d'Israël, c'est prendre de facto position en faveur de son occupation du territoire palestinien et, d'autre part, c'est méconnaître le bellicisme inscrit au coeur du statu quo qui n'est rien d'autre qu'une pérennisation de ce qu'a remporté Israël par la force. C'est donc préconiser la force sur le droit.

    En effet, d'un côté l'on s'insurge et s'alarme contre la possibilité que les pauvres gazaouis s'arment à la faveur d'un fort assouplissement du blocus. D'un autre, on ne souffle pas mot du surarmement indécent d'Israël par les américains. Curieux.

    Faudrait-il empêcher la "flottille", qui année après année - en fait depuis des décennies -, envoie à Israël pour au-delà de trois milliards de dollars en armes
    hypersophistiquées de toutes sortes, de lever l'ancre ?

    Je suis de ceux qui croient qu'en sur-armant Israël gracieusement comme le font les américains depuis si longtemps, ils l'éloignent de la table des négociations et le rendent plus fanatique que jamais.

    Évidemment, je ne m'attends pas à ce que l'armée d'activistes pro-sionistes, qui donne souvent dans les attaques ad hominem sur les blogues, ni les groupes de pression sionistes aux services desquels elle s'active, souscrivent à mon constat.

    S'il est un choc des civilisations, c'est bien celui qui se vautre à l'aune du deux poids, deux mesures.

    Un foyer national juif ? Pourquoi pas. À en faire renoncer les palestiniens à leurs territoires les plus irrigables? Sûrement pas. Ni en continuant de les en priver comme c'est le cas depuis 62 ans!

    La résistance des palestiniens est on ne peut plus légitime. Cela, dans l'intimité des cuisines de Tel Aviv, on doit probablement le reconnaître. L'occupant étant rarement innocent.

  • Yves Côté - Abonné 3 juillet 2011 06 h 05

    Laissons le gouvernement d'Israël vérifier...

    Invitons le gouvernement d'Israël à vérifier qu'il n'y ait pas d'armes à bord et si tel est le cas, livrons aux autorités palestiniennes en présence des autorités israéliennes...
    C'est ce que nous pouvons souhaiter je crois.
    Mais Israël et Palestine accepteront-ils de jouer le jeu de cette transparence pacifique et humanitaire, puisque chacun de ces deux joue sans nuance le jeu de ses intérêts politiques propres ???
    La question se pose.

  • Turbine - Abonné 3 juillet 2011 14 h 51

    Égalité

    Les amis des USA fortunés en armes et en argent ne respectent même pas le droit international. Il n'est pas de bon ton de froisser Israël. Quand est-ce que les états du monde reconnaîtront le droit d'exister aux Palestiniens? Pourquoi alors l'ONU?

  • André Loiseau - Inscrit 3 juillet 2011 18 h 32

    @Yves Côté

    Votre réflexion démontre la mauvaise foi d'Israël. Cet occupant, choisi des Dieu, ne fait qu'additionner les atermoiements et les prétextes pour sauver le temps précieux de pouvoir investir, spéculer et construire sur les terres dérobées aux palestiniens afin de
    créer un état de fait.
    Peut-être désire-t-il reprendre Gaza? L'élection qui vient mettra tous les palestiniens sous la houlette du fatah. Les sondages vont en ce sens. On entendra alors une autre chanson mais il faudra encore combattre car Israël est comme un état de l'empire des States.