Dominique Strauss-Kahn libéré sur parole

Dominique Strauss-Kahn quittait aujourd'hui un tribunal de New York avec son épouse Anne Sinclair. Un juge a levé l’assignation à résidence et la caution de l'ancien dirigeant du Fonds monétaire international.
Photo: La Presse canadienne (photo) David Karp / AP Dominique Strauss-Kahn quittait aujourd'hui un tribunal de New York avec son épouse Anne Sinclair. Un juge a levé l’assignation à résidence et la caution de l'ancien dirigeant du Fonds monétaire international.

Le juge Michael Obus du tribunal de Manhattan a décidé de lever ce midi l'assignation à résidence de Dominique Strauss-Kahn, ancien patron du Fonds monétaire international (FMI), et la caution qu'il devait verser lui a été remise, alors que la crédibilité de la femme de chambre qui l'accuse d'agression et de viol semble remise en question.

L’ancien directeur général du Fonds monétaire international (FMI) est désormais libre de ses mouvements sur le territoire américain, mais la justice américaine conserve son passeport. L’ancien patron du FMI, contre lequel les chefs d’inculpation sont maintenus, dont tentative de viol et agression sexuelle, n’est pas autorisé à se rendre à l’étranger, ni regagner la France.

Inculpé de sept chefs d’accusation, dont tentative de viol et agression sexuelle, Dominique Strauss-Kahn proclame son innocence et a plaidé non coupable le 6 juin, trois semaines après son arrestation.

Il était jusqu’à présent assigné à résidence dans une luxueuse maison de Manhattan. Il a été libéré après le versement d’une caution d’un million de dollars le 20 mai, ainsi que d’un dépôt de garantie de cinq millions de dollars.

La remise en liberté sans caution, acceptée par le procureur de l’État de New York, a été validée par le juge Obus. L’argent de la caution va être restitué à DSK et la prochaine audience est prévue le 18 juillet.

Les procureurs new-yorkais, explique-t-on de sources proches du dossier, ont désormais des doutes importants sur la crédibilité de la femme de chambre qui accuse DSK d’agression sexuelle et tentative de viol le 14 mai dans une chambre du Sofitel de New York où il venait de séjourner.

La jeune femme d’origine guinéenne est soupçonnée d’avoir menti sur ses activités dans les heures entourant le moment présumé des faits, ainsi que sur son passé, notamment au moment de sa demande d’asile aux États-Unis.

William Taylor, un des avocats de Dominique Strauss-Kahn, a évoqué un grand soulagement. «Il est important dans ce pays que les gens, en particulier dans les médias, s’abstiennent de juger avant que tous les faits soient établis», a-t-il souligné devant la presse, à la sortie du tribunal.

Kenneth Thompson, l’avocat de la victime présumée, a souligné que la jeune femme n’a jamais varié de version. «Depuis le premier jour, elle a décrit une violente agression sexuelle que Dominique Strauss-Kahn a commise à son encontre. Elle a décrit à de nombreuses reprises cette agression sexuelle, aux procureurs et à moi, et n’a jamais changé une seule chose dans son témoignage», a-t-il fait valoir devant la presse.

Plus tôt dans la journée, la sécurité avait été rehaussée à l’extérieur du tribunal de Manhattan, où M. Strauss-Kahn devait soumettre sa demande pour obtenir des conditions de libération allégées. Les médias se sont rassemblés plusieurs heures avant l’heure à laquelle M. Kahn devait se présenter au tribunal, vers la mi-journée. Des barrières flanquaient une entrée du palais de justice qui est interdite au public et réservée à la défense.

Un responsable des forces de l’ordre a déclaré à l’Associated Press que des enquêteurs croyaient désormais que la femme de chambre impliquée dans l’affaire avait menti concernant certains de ses agissements dans les heures entourant l’agression sexuelle présumée et ses propres antécédents.

Le responsable a désiré garder l’anonymat pour discuter de sujets n’ayant pas encore été présentés en cour. Les médias se sont également amassés à l’extérieur de la luxueuse maison où M. Strauss-Kahn vit en résidence surveillée.

D'autres détails suivront.
8 commentaires
  • Pierre-E. Paradis - Inscrit 1 juillet 2011 15 h 01

    Une crédibilité qui « semble » remise en question ???

    En fait il est connu depuis longtemps que la stratégie de défense de DSK sera d'attaquer la crédibilité de la plaignante.

    Rien de nouveau dans cet article.

    Pourquoi alors ne pas attaquer la crédibilité de M. Brafman lui-même – notamment ses liens avec une secte ultra-orthodoxe de New-York, pour qui les femmes sont « impures » ?

  • Socrate - Inscrit 1 juillet 2011 16 h 00

    Oréal

    Rien de mieux qu'un peu de crème Oréal pour se refaire une virginité politique à Paris.

  • Roland Berger - Inscrit 1 juillet 2011 16 h 57

    Le martyre de demain

    Il ne sera pas long avant que la presse des puissants de France transforme DSK en martyre de la justice primitive des Américains. Futur président socialiste de la France ? Pourquoi pas ? Il suffira d'y mettre le paquet.
    Roland Berger

  • Marc Lemieux - Inscrit 1 juillet 2011 20 h 46

    Après cela

    Après une histoire comme cela il est politiquement fini, pour cette course socialiste en tous cas, qui aurait dû être la sienne. Même s'il n’empêche que Mr Strauss Khan n'en est pas à son coup d'essai dans ce genre d'histoires, le surnommer le "séducteur" de la politique française est amusant mais probablement pas vide de signification, même si dans cette histoire on est au delà de la séduction.

  • diong - Abonné 1 juillet 2011 22 h 07

    Mauvaise foi

    Que de mauvaise foi dans les commentaires que je lis ici. Vous avez déjà jugé DSK?