Flottille de la liberté: des Québécoises comptent sur l'aide du Canada

Ottawa — Deux Québécoises qui s'apprêtent à monter à bord de la Flottille de la liberté II pour apporter de l'aide au peuple palestinien s'attendent au pire, mais comptent néanmoins sur la protection du gouvernement canadien si l'aventure tourne mal.

Le ministre des Affaires étrangères, John Baird, a pourtant récemment dénoncé l'initiative par laquelle une série de bateaux tenteront de se rendre dans la bande de Gaza, malgré le blocus maritime imposé par Israël. Il l'a même qualifiée d'«action provocatrice».

L'an dernier, la première mission de la flottille internationale s'était terminée dans un bain de sang. Neuf personnes avaient été tuées, et quarante-cinq blessées lorsque l'armée israélienne avait arraisonné un paquebot turc. Elle disait craindre que le convoi n'apporte des armes aux habitants de Gaza. Israël a déjà fait part de son intention d'empêcher la nouvelle flottille internationale de poursuivre son chemin.

Un navire canadien


Cette année, un navire canadien se joint au convoi en partance pour Gaza. Le Tahir transportera des politiciens, des artistes, des militants, mais aussi des Canadiens juifs, musulmans et chrétiens.

Parmi eux se trouveront deux Québécoises, Marie-Ève Rancourt, de la Ligue des droits et libertés du Québec, et Manon Massé, déléguée de Québec solidaire, qui soutiennent que leur action est pacifique et nécessaire.

Selon elles, l'aide humanitaire se rend au compte-gouttes en territoire palestinien. Mais leur geste est aussi politique: elles veulent briser le blocus qui isole Gaza et qui a provoqué selon elles une crise humanitaire.

Elles font valoir que ce blocus est illégal et immoral, car même un pays occupant doit respecter les droits des autres peuples et permettre la livraison de l'aide humanitaire.

En réponse au ministre Baird, qui a incité les militants à plutôt faire parvenir leur aide par l'entremise des organismes établis, comme la Croix-Rouge, Mme Rancourt a expliqué que les marchandises ne se rendent que partiellement, ou trop tard aux civils. Elle ne pouvait cependant expliquer pourquoi.

Mme Rancourt sait que la mission n'est pas sans risque. Elle s'attend même à se retrouver en prison. «On a tous des craintes, pour différentes raisons. Des craintes d'emprisonnement, d'être victime de violence. Oui, c'est présent. Mais cela n'occupe pas mon esprit de façon permanente. Moi, ce qui occupe mon esprit, c'est de participer à une mission de paix, de justice», a-t-elle déclaré.

Cette avocate de formation a pour mission de documenter toute violation des droits de la personne dont les militants seront témoins ou victimes.

Quant à Mme Massé, elle sait que le bateau canadien ne se rendra peut-être pas à bon port. Elle dit ne pas trop y penser maintenant, mais reconnaît que lorsqu'elle sera à bord du navire, elle «risque de respirer plus fort». «Mais comme militante, j'accepte tout ce qui peut m'arriver», a-t-elle ajouté.

Les deux femmes n'estiment pas qu'elles devront assumer une part de responsabilité si la situation dégénère. «Ce qu'on fait, c'est légal», soutient Marie-Ève Rancourt, ajoutant que c'est Israël qui en portera la responsabilité. «Tuer des gens qui livrent de l'aide humanitaire, c'est illégal et franchement, c'est immoral.»

Aide consulaire et diplomatique


Si des affrontements ont lieu, elles s'attendent à ce que le gouvernement canadien intervienne. «Si le gouvernement canadien n'agit pas pour nous libérer en cas d'emprisonnement ou pour exiger que nos droits soient respectés, c'est lui qui va porter l'odieux de cela», croit Mme Rancourt, soulignant qu'il a l'obligation d'offrir l'aide consulaire et diplomatique nécessaire.

Niant toute affiliation avec un gouvernement ou un groupe politique, les deux Québécoises font valoir que leur mission est justement «de citoyens à citoyens» pour s'assurer qu'ils reçoivent l'aide.

Leur bateau ne transportera que des médicaments et du matériel médical. Il ne transportera pas d'armes, comme le craint Israël, et le gouvernement canadien a été invité à l'inspecter dans ce but s'il le désire.

Les deux femmes prennent l'avion demain pour la Grèce, d'où le bateau canadien partira pour Gaza quelques jours plus tard, dans un convoi d'une dizaine de navires.

Au total, 35 Canadiens seront à bord, dont cinq Québécois. Le navire accueillera aussi une dizaine de militants européens.
4 commentaires
  • André Michaud - Inscrit 18 juin 2011 09 h 32

    surveillez la corruption

    Combien de l'aide humanitaire se rendra jusqu'aux citoyens???

    On sait que Arafat et le Fatah ont détourné des dizaines de millions, voir plus ..la femme d'Arafat ayant une plus grande collection de riches souliers que Imelda Marcos... Pour le Hamas la priorité est aux armes et à la destruction d'Israel..

    Combien de milliards en aide à la Palestine, aux pays d'Afrique, à Haiti..depuis 50 ans...sans que rien change à cause de la MÉGA corruption des têtes dirigeantes de ces pays?? Comment contrôler cette aide et s'assurer enfin de son efficacité sans se faire traiter d'ingérence ?

  • Francois - Inscrit 18 juin 2011 11 h 45

    Le gouvernement se doit de se dissocier de cette initiative

    Régler ces comptes personnellement et vouloir ramener à l'ordre un autre pays c'est une démarche qui va dans un cul de sac. Le gouvernement ne doit pas soutenir cette initiative venant de se groupe. Imaginer touts citoyens canadien et d'origine étrangère, décidait un jour de régler ces comptes et rétablir la justice dans leur pays d'origine en retournant dans leur pays sous l'égide du Canada.

    Cela compromettrait les relations internationale et on se retrouvait mêlé dans des conflits qui ne sont pas des nôtres. Et pourquoi juste la Palestine il existe beaucoup d'autres pays comme la Chine qui ne peut bénéficier des droit de la personne. Je vous invite à vous calmer , il y a surement d'autre meilleur moyen d'y arriver.

  • camelot - Inscrit 18 juin 2011 12 h 28

    Voeu pieux

    Croire que le gouvernement Harper interviendra pour ces pacifistes dans le cas d'un grabuge est illusoir. Il n'en a que pour Israël. Ces défenseurs devrnot s'attendre à subir les mêmes ennuis que ces canadiens prisonniers à l'étranger. Bonne chance quand même. Il y a toujours l'ONU.

  • René Girard - Inscrit 19 juin 2011 01 h 55

    Quand des antisémites se déguisent en aidant naturel

    "«Si le gouvernement canadien n'agit pas pour nous libérer en cas d'emprisonnement ou pour exiger que nos droits soient respectés, c'est lui qui va porter l'odieux de cela», croit Mme Rancourt, soulignant qu'il a l'obligation d'offrir l'aide consulaire et diplomatique nécessaire."

    Pourquoi le gouvernement canadien respecterait-il vos droits si vous-mêmes vous ne respectez pas l'avertissement lancé par le ministre Baird de passer par les moyens reconnus internationalement comme La Croix-Rouge.

    Le blocus israëlien n'est pas contre l'aide humanitaire mais contre les armes qui pourraient servir au Hamas en vue d'attaquer Israël. Pourquoi y aurait-il blocus humanitaire alors que les palestiniens reçoivent des tonnes de denrées alimentaires et de médicaments provenant d'Israël? Donc ce n'est qu'un blocus militaire et avec raison. Et les naïfs ou les idiots utiles ou les antisémites qui s'embarquent sur la flotille font le jeu du Hamas. Pourquoi le gouvernement canadien viendrait-il aider ces pro-hamas? C'est comme si vous demandiez au gouvernement de vous armer contre lui-même, puisque ce que vous êtes c'est attaquer la seule démocratie au Moyen-Orient.

    Alors s'il vous arrive quelque malheur c'est que vous l'aurez bien cherché.