Accord surprise entre le Fatah et le Hamas

Azzam al-Ahmad (à gauche), membre du bureau de direction du Fatah, et Mousa Abu Marzook, du Hamas, à l’issue de l’entente signée hier entre les deux partis.<br />
Photo: Agence Reuters Azzam al-Ahmad (à gauche), membre du bureau de direction du Fatah, et Mousa Abu Marzook, du Hamas, à l’issue de l’entente signée hier entre les deux partis.

Est-ce le fruit des manifestations de dizaines de milliers de Palestiniens pour la réconciliation, il y a cinq semaines, ou de la situation sociale dans les pays arabes? Toujours est-il que le Fatah, du président Mahmoud Abbas, et le Hamas, au pouvoir à Gaza, sont convenus hier au Caire, à la surprise générale, de former un gouvernement transitoire en vue d'élections présidentielle et législatives d'ici un an.

L'annonce a été accueillie avec satisfaction et même joie par les jeunes Palestiniens à Gaza et à Ramallah, selon les premières réactions recueillies par l'AFP.

Les délégations palestiniennes, qui ont rencontré le chef des services de renseignement égyptiens, le général Mourad Mouafi, sont parvenues à un «accord complet après des discussions sur tous les points, dont la formation d'un gouvernement de transition et le choix d'une date pour les élections», selon l'agence officielle égyptienne Mena.

L'Égypte va désormais appeler à une réunion de toutes les factions palestiniennes pour sceller un accord de réconciliation au Caire dans les prochains jours, précise la Mena.

Le chef de la délégation du Fatah, Azzam al-Ahmad, a confirmé un accord entre les deux mouvements pour la formation d'un «gouvernement d'indépendants». «Ce gouvernement devra préparer des élections présidentielle et législatives d'ici un an», a-t-il ajouté.

Le chef de la délégation du Hamas, Mahmoud Zahar, a également confirmé que les deux parties étaient tombées d'accord pour former un gouvernement de transition regroupant des «personnalités indépendantes».

Les factions palestiniennes seront convoquées en fin de semaine prochaine au Caire pour signer cet accord qui prévoit, notamment, la libération des détenus politiques, a expliqué M. Zahar à la chaîne satellitaire al-Jazeera.

Ce rapprochement a aussitôt été critiqué par le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, qui a réaffirmé que le président Abbas devait «choisir entre la paix avec Israël et la paix avec le Hamas. La paix avec les deux n'est pas possible.» Pour sa part, l'Autorité palestinienne lui demandait, à lui, de «choisir entre la paix et la colonisation».

La Maison-Blanche a de son côté affirmé que tout futur gouvernement palestinien devrait renoncer à la violence et reconnaître l'existence d'Israël.

L'accord prévoit la convocation simultanée des élections présidentielle et législatives et de celles du Conseil national palestinien (CNP, Parlement de l'OLP) d'ici un an et la formation d'une commission judiciaire réunissant 12 juges pour trancher les litiges liés aux élections.

Mahmoud Zahar a par ailleurs indiqué qu'un accord avait été conclu entre le Fatah et le Hamas sur la réunification des forces de sécurité, une des principales pommes de discorde entre les deux mouvements.

Le 16 mars, M. Abbas s'était dit «prêt à retarder la formation du gouvernement», que devait annoncer incessamment son premier ministre, Salam Fayyad, pour permettre un accord d'union nationale avec le Hamas sur la constitution d'un cabinet non partisan chargé de préparer les élections.

Le Hamas et le Fatah sont à couteaux tirés depuis que les forces du mouvement islamiste ont pris le contrôle de la bande de Gaza en délogeant les partisans du Fatah, en juin 2007.

Des négociations sur la réconciliation, engagées il y a un an et demi sous l'égide de l'Égypte, étaient restées jusqu'à présent infructueuses, tant l'animosité réciproque était grande.

L'annonce de l'accord intervient alors que les Palestiniens — dont les négociations de paix avec Israël sont au point mort depuis six mois — veulent porter leur revendication d'un État indépendant devant l'ONU en septembre, d'abord au Conseil de sécurité, où ils s'attendent à un veto américain, puis à l'Assemblée générale.

Le président de l'Autorité palestinienne s'est rendu il y a une semaine en France pour demander avis et soutien aux dirigeants européens, dans la perspective de la création cette année de cet État.


Avec Reuters
6 commentaires
  • Naturelebo - Inscrit 28 avril 2011 03 h 56

    Ola la vida bella !!!

    La Paix est en route !!!
    dans l'acceptation d'un nouveau pays qui naitra !!!

    mais où sont les tenants d'un Québec province (province signifie territoire conquis en racine latine) pour dire et redire qu'en l'an 2011, la création d'un pays est inutile !!!

    La Palestine est une nation sans pays, Israël est un pays sans reconnaissance de la Palestine... je prie pour que la Palestine naisse en Pays et que de cette naissance s'ouvre aussi la Reconnaissance du pays déjà existant: Israël par la Palestine !!!

    Je sens la Paix à l'horizon et le futur est rempli d'espoir et cet espoir nous est livré par la Jeunesse Arabe...

    Bref, Merci !!!

    et que le Pardon soit pour que la Paix naisse !!!
    En ces territoires de la Foi en différentes formes, j'espère que l'espoir en un monde de paix et de joie existe encore,,,

  • Roland Berger - Inscrit 28 avril 2011 07 h 51

    Démence en régression ?

    Se pourrait-il que la démence religieuse soit en régression ? Espérons-le. L'humanité, quelque couleur qu'elle prenne, mérite mieux que de se faire mener par le bout de l'âme par des maniaques du pouvoir.
    Roland Berger

  • André Loiseau - Inscrit 28 avril 2011 08 h 06

    Ola la vida.

    Je joins mes applaudissements aux vôtres.

  • Gravelon - Inscrit 28 avril 2011 08 h 32

    Bibi

    Évidemment, Istrael s'est dépêché de dénoncer cette réconciliation, car tout initiative visant à trouver une solution permanente au conflit est vue par Israel comme un danger pour sa sécurité. Les USA enjoignent les palestiniens à renoncer à la violence (résistance), et passent sous silences les crimes de guerre commis par Israel, les ingrédients qui militent contre la paix sont toujours là.

  • SusanK - Inscrit 28 avril 2011 09 h 47

    UN BEAU RÊVE...

    La réconciliation ne durera pas. Il y a trop de haine entre ces groupes qui dure depuis le début et elle ne s'envolera pas pour disparaître à tout jamais.

    N'oubliez pas que la vengeance fait partie intégrante de la culture arabe.

    Le seul gagnant avec cette réconciliation est l'Iran qui se positionne pour dominer le secteur et dont Hamas est un proche collaborateur.