Abdou Diouf mise sur un retour à la stabilité

Le secrétaire général de la Francophonie, Abdou Diouf, se refusait toujours, hier, d'appeler le président de l'Égypte, Hosni Moubarak, ce poids lourd du Moyen-Orient, à quitter la scène politique.

L'ancien chef d'État du Sénégal fonde ses espoirs d'un retour à la stabilité, dans ce pays membre de l'Organisation internationale de la Francophonie (OIF), sur l'élection présidentielle, qui sera organisée en septembre. D'ici là, il presse les personnalités importantes du pouvoir et les figures de l'opposition à engager un dialogue constructif.

«Il faut que la transition s'amorce et qu'il y ait un dialogue entre le pouvoir et l'opposition afin que les réformes politiques s'entament en Égypte», a martelé Abdou Diouf, hier, à l'occasion d'un déjeuner-causerie organisé par le Conseil des relations internationales de Montréal.

«Une démocratie réelle peut se faire en Égypte avec toutes les composantes de la société égyptienne, dans la transparence, avec une équipe intègre qui fait les réformes nécessaires d'abord, puis qui aille vers des élections loyales, justes, transparentes», a ajouté M. Diouf, au terme de son allocution sur le rôle que la Francophonie est appelée à jouer dans une nouvelle gouvernance mondiale.

D'autre part, le numéro un de l'OIF a mis en garde la communauté internationale contre les dangers que «la révolution [égyptienne] puisse être reprise par des forces extrémistes» mettant de l'avant des «idéologies destructrices».

M. Diouf a aussi fait valoir que «ce sont les Égyptiens qui doivent régler leurs problèmes», alors que les organisations internationales doivent les «soutenir».

Influence négligeable

L'influence de l'OIF sur la crise égyptienne est négligeable, du moins comparativement à celle qu'elle exerce en Côte d'Ivoire — aussi membre de l'OIF — selon Louise Fréchette, ancienne vice-secrétaire générale de l'ONU.

«L'Organisation internationale de la Francophonie a un rôle à jouer et elle l'a joué, avec d'autres organisations. Mais, dans un pays comme l'Égypte, c'est plus difficile», estime Mme Fréchette, qui est aujourd'hui associée au Centre pour l'innovation en gouvernance internationale. «Il y des pays où le français est la langue du gouvernement, mais ce n'est pas le cas en Égypte. L'Égypte et les autres pays dont le français n'est pas la langue du gouvernement font partie d'un autre ensemble, d'une certaine façon.»

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