Biélorussie - Trois candidats d'opposition inculpés pour organisation de troubles

Minsk — Au moins trois candidats d'opposition à la présidentielle de la Biélorussie ont été inculpés hier pour «organisation de troubles massifs» à la suite de l'élection, un crime passible d'une peine allant jusqu'à 15 ans de prison, a-t-on appris auprès de leurs avocats.

Vladimir Nekliaïev qui est détenu dans une prison des services secrets (KGB) «a été inculpé pour organisation de troubles massifs à l'ordre public», a déclaré l'avocate Tamara Fidorenko. Elle a aussi dit que son client avait subi hier «une crise d'hypertension». «Si ses codétenus n'avaient pas appelé les médecins, il aurait été mort», a-t-elle dit.

«Andreï Sannikov a été inculpé pour le même motif», a dit son avocat Pavel Sapelko. Vitali Rymachevski est lui aussi «inculpé pour organisation de troubles massifs», selon son avocat Oleg Protsenko.

Les trois candidats ont été blessés lors d'une manifestation non autorisée, à la suite de la réélection le 19 décembre du président Alexandre Loukachenko. Cinq des neuf candidats d'opposition sont toujours détenus dans des prisons du KGB.

Selon la Radio européenne pour la Biélorussie, les deux autres, Alexeï Mikhalevitch et Nikolaï Statkevitch, ont également été inculpés pour le même motif.

Un journal local indépendant, Nacha Niva, a fait l'objet de perquisitions, a indiqué hier la rédaction du journal. Des ordinateurs, disques durs et des clefs USB ont été saisis, a précisé Andreï Skourko, l'adjoint du rédacteur en chef, dont le domicile a également été perquisitionné par la suite.

Des officiers du service de sécurité (KGB) cherchaient dans ses affaires les vidéos relatives aux manifestations de l'opposition qui ont rassemblé des dizaines de milliers de personnes le 19 décembre à Minsk, a précisé le rédacteur en chef du journal, Andreï Dynko.

Quelque 600 personnes ont été arrêtées au cours de cette manifestation et condamnées à des peines de détention administrative allant jusqu'à 15 jours. Environ 300 personnes ont été relâchées hier dont neuf citoyens russes.

Alexandre Loukachenko, au pouvoir depuis 16 ans, a été réélu avec près de 80 % des suffrages au premier tour du scrutin, avec une participation de plus de 90 %.

L'Union européenne et les États-Unis ont dénoncé un «recours excessif à la force» et menacé de réexaminer leurs relations avec le Bélarus.