Des Montréalais marchent pour Wikileaks

Des manifestants ont défilé dans les rues de Montréal, samedi après-midi, en appui au site Internet WikiLeaks.

Au cours des dernières semaines, WikiLeaks a diffusé des fragments d'information en provenance de plus de 25 000 câbles diplomatiques secrets du département d'État américain issus de partout dans le monde.

Scandant des slogans comme «l'information devrait être libre» et «à bas la censure», une centaine de personnes ont circulé dans le centre-ville avant de s'arrêter devant le consulat américain.

La métropole québécoise est l'une des villes où des citoyens se sont rassemblés pour protester contre la fermeture du site et contre les tentatives de supprimer son financement. Des marches similaires étaient aussi prévues à Olympia, dans l'État américain de Washington, à Dublin, en Irlande, et à La Haye, aux Pays-Bas.

Selon Nadim Kobeissi, l'organisateur de la marche de Montréal, les autorités tentent de réduire le débit de la libre circulation des informations en ligne.

Selon lui, si Internet demeurait comme il est aujourd'hui, cela causerait d'importants changements politiques, où tous auraient équitablement accès à l'information. «Cela mènerait à une imputabilité politique et à un partage des savoirs sans précédent», a-t-il ajouté.

Un câble sur Cuba

Les derniers documents dévoilés en ligne par WikiLeaks indiquent que des diplomates américains postés à Cuba étaient mécontents de la décision canadienne de s'abstenir de critiquer publiquement le piètre bilan cubain en matière de droits humains. La note diplomatique est datée de novembre 2009.

Un diplomate américain soutient que le Canada et d'autres pays ont cessé de faire pression sur Cuba en matière de droits humains dans l'espoir de maintenir de bons rapports commerciaux avec le régime de Castro.

Le chef de la mission américaine à Cuba, Jonathan Farrar, base ses propos sur une visite effectuée l'an dernier par Peter Kent, ministre d'État canadien aux Affaires étrangères, responsable des Amériques.

Farrar déplore que M. Kent n'ait pas rencontré des civils cubains lors de sa visite et qu'il n'ait pas pris la peine de réclamer publiquement plus de libertés pour les Cubains. Farrar qualifie la démarche de Kent de surprenante, puisque le gouvernement Harper avait publiquement critiqué le bilan cubain au chapitre des droits humains dans le passé.