La Fédération des femmes est en colère contre l'ONU

La Fédération des femmes du Québec est furieuse de la décision des Nations unies, qui a nommé cette semaine Stephen Harper à la tête d'une nouvelle commission sur la santé des femmes et des enfants.

Jeudi, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a annoncé que le premier ministre canadien coprésidera cette commission en compagnie du président de la Tanzanie, Jakaya Kikwete. L'objectif sera de créer un système pour aider les pays à déterminer où et comment les ressources devraient être réparties pour améliorer la santé des femmes pauvres et de leurs enfants.

Lors du sommet du G8 en juin dernier à Muskoka, en Ontario, Stephen Harper avait lancé une initiative pour aider la santé des femmes. Ottawa injectera 1,1 milliard de dollars dans l'initiative d'ici cinq ans. Les autres pays, d'abord réticents à se joindre au mouvement, ont depuis promis 40 milliards de dollars de ressources afin de sauver, dit-on, 16 millions de femmes et d'enfants d'ici 2015.

L'initiative avait toutefois soulevé un tollé, puisque le gouvernement conservateur refuse que ces fonds servent à des avortements, même si le trop grand nombre d'accouchements par femme est un problème de santé important dans les pays pauvres.

En colère

Si Stephen Harper s'est dit «honoré» de coprésider la commission de l'ONU, il en va autrement de la Fédération des femmes du Québec (FFQ), qui est en colère. «Mettre Stephen Harper à la tête de cette commission revient au même que si Mgr Ouellet présidait un comité parlementaire fédéral sur le planning des naissances!», a soutenu la présidente de la FFQ, Alexa Conradi, par voie de communiqué.

La fédération rappelle que l'Organisation mondiale de la santé a calculé que plus de 70 000 femmes meurent chaque année à la suite d'un accouchement, alors que des millions d'autres gardent des séquelles «souvent permanentes», dit-elle.

La FFQ en veut également au gouvernement Harper, qui a permis à ses députés de déposer cinq projets de loi d'initiative parlementaire depuis quatre ans pour restreindre le libre choix des femmes enceintes. «Il est très angoissant de voir Stephen Harper prendre les rênes d'une commission touchant le monde entier sur cette question. L'avenir du droit des femmes de choisir d'avoir ou non des enfants peut être fragilisé avec Stephen Harper à la tête de cette commission», soutient Mme Conradi.