23es Entretiens Jacques Cartier - Quatre Québécois sont honorés à Lyon

Lyon — Le coup d'envoi des 23es Entretiens Jacques Cartier s'est fait, hier après-midi, avec la traditionnelle cérémonie de remise de diplômes. Quatre acteurs majeurs des milieux universitaire et littéraire québécois, dont l'écrivain ubiquiste Dany Laferrière, ont été honorés par la communauté universitaire rhône-alpine.

Le professeur de biomathématiques à l'Université McGill Michael C. Mackey et le titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur le patrimoine urbain de l'UQAM, Luc Noppen ont reçu les insignes de docteur honoris causa respectivement de l'Université Claude Bernard Lyon 1 et de l'Université Jean Monnet Saint-Étienne. La rectrice de l'Université de Sherbrooke, Luce Samoisette, s'est vu offrir la distinction honorifique de l'INSA de Lyon, alors que le lauréat du Médicis 2009, Dany Laferrière, a quant à lui été nommé docteur honoris causa de l'École Normale Supérieure de Lyon.

«[Contrairement à mes trois camarades], je n'ai pas fréquenté l'université. J'ai rêvé de fréquenter l'université, mais quand je suis arrivé à Montréal, j'ai dû travailler», se rappelait Dany Laferrière, revêtu d'une toge, qui a appelé de ses voeux, hier, une reconstruction du réseau universitaire haïtien, ravagé lors du séisme du 12 janvier 2010, afin «d'attirer les esprits du monde entier».

Rencontre des esprits rhône-alpins et québécois

Près de 2200 scientifiques, artistes, gens d'affaires et hommes politiques sont réunis jusqu'à jeudi dans la région française Rhône-Alpes pour discuter de sujets très variés. Parmi les participants, plus de 200 Québécois ont fait le voyage jusqu'à Lyon, Saint-Étienne et Grenoble afin de participer aux travaux des Entretiens Jacques Cartier et de renforcer une relation d'amitié Québec-Rhône-Alpes vieille de plus de 30 ans.

Les Entretiens Jacques Cartier, «ce sont [également] des rencontres où se nouent les dialogues interdits au grand jour, où se négocient des contrats de recherche, où se découvrent des intérêts communs entre dirigeants d'entreprise», soulignait ce week-end l'hebdomadaire économique et juridique Les Affiches lyonnaises.

«On ne progresse jamais seul. La coopération entre l'université, le secteur privé et la cité — dans tous les sens de ce qu'elle est — est essentielle si nous voulons trouver un monde moins énergivore, des services de santé qui demeurent accessibles et pertinents, une maîtrise de la toute-puissance des technologies de l'information dans nos vies, [...], le tout dans le but de réaliser des conditions de vie qui soient meilleures pour l'ensemble des citoyens», a souligné le président du conseil d'administration du Centre Jacques Cartier, l'ancien premier ministre du Québec Pierre Marc Johnson.

Le nouveau délégué général du Québec à Paris, Michel Robitaille, a réitéré, hier, «l'appui indéfectible» du gouvernement du Québec aux Entretiens Jacques Cartier, à l'aube de leur 25e anniversaire, tout en faisant l'éloge de la relation «unique», «d'exception» entre la France et le Québec. «La relation franco-québécoise a évolué et a su s'adapter aux nouvelles réalités, [mais] la coopération universitaire demeure toujours au coeur de cette relation et c'est grâce aux Entretiens Jacques Cartier... C'est grâce à ses réflexions, à ses échanges, que la coopération franco-québécoise est ce qu'elle est maintenant», a affirmé le diplomate, qui est chef de poste dans la capitale française depuis moins de deux mois.

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Notre journaliste a été invité à assister à ces 23es Entretiens par le Centre Jacques Cartier.