Pour reprendre les négociations avec Israël - Abbas veut un gel des constructions à Jérusalem

Mahmoud Abbas, au centre, hier, au Caire<br />
Photo: Agence Reuters Asmaa Waguih Mahmoud Abbas, au centre, hier, au Caire

Le Caire — L'Autorité palestinienne ne reprendra ses négociations de paix avec Israël qu'en cas de gel des constructions dans les colonies juives, y compris à Jérusalem-Est, a déclaré hier le président Mahmoud Abbas.

Il a noté que les Palestiniens et Israël n'avaient reçu aucune requête officielle des États-Unis pour la reprise des pourparlers directs relancés le 2 septembre, mais interrompus trois semaines plus tard, Israël refusant de proroger un moratoire sur les constructions de logements en Cisjordanie et à Jérusalem-Est.

Comme on lui demandait si l'Autorité palestinienne reviendrait à la table des négociations si un nouveau gel était décidé sans qu'y soit inclus Jérusalem-Est, il a répondu: «S'il n'y a pas un arrêt total de la colonisation dans l'ensemble des territoires palestiniens, y compris à Jérusalem, nous n'accepterons pas.» Le dirigeant palestinien s'adressait aux journalistes après un entretien au Caire avec le président égyptien Hosni Moubarak. Le ministre des Affaires étrangères, Ahmed Aboul Gheit, et le chef des services de renseignement égyptiens, Omar Souleïmane, étaient aussi présents.

Les États-Unis ont proposé à Israël des mesures incitatives pour le pousser à reprendre les entretiens de paix.

Israël a indiqué la semaine dernière que Washington lui avait promis 20 avions furtifs F-35 en échange d'un gel des constructions d'une durée de trois mois en Cisjordanie.

Les partenaires de coalition du premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, ont exigé que les États-Unis confirment par écrit que le gel des travaux de construction qu'ils réclament ne s'appliquerait pas aux terrains occupés de Jérusalem-Est.

Israël considère Jérusalem-Est comme partie de sa capitale, ce qui n'est pas reconnu internationalement. Les Palestiniens revendiquent ce secteur comme la capitale de leur futur État.

Abbas a jugé inacceptable de coupler les négociations suspendues avec une offre d'aide militaire supplémentaire de Washington à son allié israélien.

«Nous ne sommes pas seuls à vouloir l'arrêt des colonies, il y a aussi les États-Unis, le monde et une bonne partie de l'opinion publique israélienne. [...] le problème se situe entre le gouvernement américain et Israël» a-t-il fait valoir.
2 commentaires
  • lephilosophe - Inscrit 22 novembre 2010 08 h 01

    Abbas: le figurant

    Alors que pour à peu près tout le monde sensé, l'intérêt bien compris d'Israël à long terme commanderait un gel de la colonisation afin d'assainir le climat de négociations avec les Palestiniens, ce gouvernement se sert des négociations pour obtenir d'avantage de faveurs militaires. Ce qui en dit long sur ses véritables motifs et intentions. Abbas a beau gesticulé, il n'a qu'un rôle accessoire dans cette mise-en-scène américano-israélienne.

    Bernard Gadoua

  • Gravelon - Inscrit 22 novembre 2010 13 h 01

    Une seule solution

    Vous avez raison monsieur le philosophe, Abbas est une marionnette entre les mains du géant américain, à moins que...Il déclare absolète les négociations actuelles vu le manque de sérieux du partenaire israelien, se réconcilie avec le Hamas pour unifier les palestinien autour de la résistance à l'occupation. la résistance est la seule solution. Jamais dans l'histoire de l'humanité n'a-t-on mit fin à la colonisation sans résistance. On ne parle pas de terrorisme, on parle de lutte pour la liberté et la dignité de tout peuple. Les palestiniens devraient s'inspirer de l'échec des deux premières initifada, et organiser une résistance qui saurait faire pencher l'opinion internationale en leur faveur, ils ont le potentiel de le faire.