Dans 13 régions du Québec - Oui à des actions concertées

Le gouvernement Harper prévoit «investir» pas moins de 490 milliards de dollars sur 20 ans en dépenses militaires.<br />
Photo: Agence Reuters Chris Wattie Le gouvernement Harper prévoit «investir» pas moins de 490 milliards de dollars sur 20 ans en dépenses militaires.

Du 3 au 13 novembre, les Journées québécoises de la solidarité internationale (JQSI) invitent la population à s'unir pour un monde meilleur. Pour cette 14e année, l'événement annuel rendu possible grâce à l'Association québécoise de la coopération internationale (AQOCI) et le ministère des Relations internationales propose une foule d'activités dans 13 régions du Québec. Le thème abordé partout en province: revoyons le développement.

Parmi les organismes de coopération internationale du Québec, Le Devoir s'est entretenu avec deux organismes coordonnateurs qui chapeautent les JQSI pour leurs régions respectives depuis le tout début. À commencer par le Comité de solidarité Trois-Rivières, pour ce qui est de la Mauricie.

Né en 1973 au moment où le Chili subissait un coup d'État militaire, le Comité de solidarité Trois-Rivières, qui s'appelait à l'époque le Comité Québec-Chili, visait d'abord à mobiliser et sensibiliser la collectivité locale à ce qui se produisait dans ce pays de l'Amérique du Sud. Or, aujourd'hui, après avoir entériné une poignée de projets semblables, l'organisation non gouvernementale (ONG) garde le même objectif: «Contribuer à la réalisation d'un monde plus juste et harmonieux où l'ensemble des peuples partagerait d'une manière équitable les ressources et les richesses de notre planète», peut-on lire dans le site Internet.

Parmi les principaux sujets d'actualité, on trouve notamment la lutte contre les changements climatiques, la campagne de sensibilisation «La guerre saigne le monde» pour le retrait des troupes canadiennes en Afghanistan, la campagne «Un monde sans pauvreté, agissons!» et la campagne contre la participation du Canada au bouclier antimissile.

Pour l'heure, l'ONG qui mène une action contre la militarisation, de concert avec d'autres organismes de la région depuis plusieurs années, compte pour principal cheval de bataille la campagne contre la militarisation. À laquelle se rattachent entre autres la demande de retrait des troupes canadiennes en Afghanistan, qui s'est couronnée au printemps dernier par le dépôt d'une pétition de 20 000 signatures, et une plus récente campagne lancée en mars dernier, «Stoppons les dépenses militaires».

«On demande au gouvernement canadien de réduire ses dépenses militaires — qui se font au détriment de l'économie, de la culture et des services sociaux — et de dépenser l'argent ailleurs, soit un sujet très à propos par rapport à la thématique choisie pour les JQSI cette année, précise d'entrée de jeu Annie Lafontaine, adjointe à la coordination au Comité de solidarité Trois-Rivières. Le gouvernement pourrait dédier ce budget à la santé, à l'éducation, à l'environnement ou encore à l'aide internationale, considérant qu'il n'a jamais respecté l'entente prévoyant qu'on y consacre 0,7 % du budget», ajoute-t-elle, stupéfaite de constater qu'on prévoit «investir» pas moins de 490 milliards de dollars sur 20 ans en dépenses militaires, une augmentation dite drastique depuis 2006. On peut d'ailleurs signer une pétition en ligne à stopponslesdepensesmilitaires.com.

Maintenant, comment le Comité entend-il «revoir le développement» pendant dix jours? Mobilisation éclair (flash mob), projection du documentaire Je vous salue Mariette, entrevue avec l'auteur Alain Deneault, projection du film L'Affaire Coca-Cola, consultation publique pour l'élaboration d'un projet d'économie sociale en hôtellerie, ainsi que le rassemblement jeunesse régional figurent au programme.

D'ailleurs, chaque année, les JQSI ont lieu à Montréal et dans une région choisie. Pour l'édition de 2010, c'est au tour de Trois-Rivières de recevoir l'invitée internationale, Mme Aminata Traoré, altermondialiste réputée, auteure de plusieurs essais et ministre du gouvernement malien de 1997 à 2000, au lendemain de l'ouverture des JQSI, le 4 novembre. Mme Traoré se déplacera à Trois-Rivières en compagnie de Gérald Larose, porte-parole de l'événement et personnalité célèbre du monde syndical, pour donner sa conférence intitulée «Repenser le développement: un regard critique».

En Montérégie...

Installé à La Prairie depuis 30 ans, l'organisme Terre sans frontières (TSF) s'adresse aux populations démunies des pays en voie de développement dans une optique de développement durable. Les activités, qui sont issues d'un partenariat favorisant l'autonomie des populations et une répartition plus équitable de la richesse, s'inscrivent surtout dans les secteurs de l'eau, de l'éducation, de la santé et nutrition, de l'agriculture et de l'appui institutionnel.

Sylvie Painchaud est chargée de projets pour le programme «Ouvre-toi sur le monde» de la Fondation jeunes-PROJET, un organisme lié à TSF qui oeuvre dans le domaine de l'éducation. Mise sur pied en 1990, la fondation, qui associe à la fois des enseignants et des partenaires du monde des affaires, vise à appuyer des jeunes qui veulent réaliser des projets dans leur cadre scolaire.

À plus petite échelle, Mme Painchaud est également chargée de projets pour organiser les activités des JQSI dans sa région. TSF a d'ailleurs prévu les activités suivantes pour la Montérégie: animation jeunesse, activité de sensibilisation JQSI 2010 et mobilisations éclairs animées par elle-même au collège Jean-de-La-Mennais et au collège Durocher à Saint-Lambert, où les élèves seront invités à apporter un foulard qui sera ensuite remis à un organisme d'aide aux jeunes de la rue, projection du documentaire Le Porteur d'eau, de Pascal Gélinas, et discussion avec les membres de Développement et paix de Brossard en collaboration avec TSF, souper des saveurs dans le cadre du 30e anniversaire de TSF, entre autres.

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Collaboratrice du Devoir