Un catamaran pour Gaza

Famagouste, Chypre — Un catamaran affrété par des pacifistes juifs originaires d'Israël, de Grande-Bretagne, d'Allemagne et des États-Unis a levé l'ancre hier du port de Famagouste, dans le nord de Chypre, pour mettre le cap sur la bande de Gaza avec de l'aide symbolique à bord.

Cette initiative rappelle celle d'une flottille humanitaire turque qui s'était heurtée le 31 mai dans les eaux internationales à des commandos de la marine israélienne. L'abordage, très violent, s'était soldé par neuf morts dans les rangs turcs.

Israël a décrété un blocus, notamment maritime, de la bande de Gaza, aux mains des radicaux du Hamas. La mesure pénalise durement la population civile et asphyxie l'économie du territoire enclavé. Le gouvernement israélien a qualifié cette dernière initiative de «provocation». «S'ils veulent vraiment livrer de l'aide à Gaza, ils peuvent le faire aisément après vérification de leur cargaison pour s'assurer qu'il n'y a pas d'armes de contrebande», a expliqué Andy David, porte-parole du ministère israélien des Affaires étrangères.

Il faisait référence à des ports israélien et égyptien où peuvent transiter, sous certaines conditions, l'aide destinée à Gaza. Prié de dire si la marine israélienne chercherait à refouler ou à intercepter le voilier, il a refusé de faire le moindre commentaire.

Neuf activistes et un lot symbolique de médicaments, plus un kit de purification d'eau et des jouets éducatifs, sont à bord du voilier Irene qui bat pavillon britannique.

Leur voyage devrait durer 24 heures environ, à condition de ne pas être interrompu par la marine israélienne qui surveille de près le littoral gazaouite. Chypre est situé à environ 220 milles marins du littoral de la bande de Gaza. L'opération, dont le budget dépasse les 30 000 dollars, a été financée par des dons récoltés notamment par différentes branches de l'organisation «Juifs européens pour une paix juste». Les militants ont l'intention de hisser à l'approche de Gaza des drapeaux de paix multicolores arborant les noms de dizaines de juifs soutenant leur action.

***

Avec l'AFP
1 commentaire
  • lephilosophe - Inscrit 27 septembre 2010 11 h 17

    Trois fois bravo à ces juifs de l'EJJP!

    Une première fois bravo pour ces juifs qui se joignent au concert international de protestations des organisations civiles et humanitaires en organisant à leur tour une flottille contre le blocus de Gaza. Par ce geste, ils brisent l'argument central des sionistes voulant que l'antisémitisme soit le moteur de la motivation des opposants au blocus de Gaza. Qu'un représentant des survivants de la Shoah soit parmi eux, permet également de faire le lien symbolique entre le «ghetto de Varsovie» et la «prison à ciel ouvert de Gaza».
    Une deuxième fois bravo pour attirer l'attention du monde entier sur les bases erronées sur lesquelles les négociations, entamées entre l'Autorité palestinienne et le gouvernement israélien sont fondées. Le Quartette ne faisant pression sur Israël que sur la question du prolongement du moratoire quant à la poursuite de la colonisation en Cisjordanie, ce geste des juifs, d'Europe, d'Amérique et d'Israël, remet à l'ordre du jour la question du blocus illégal et immoral de Gaza. Les Gazaouis ne doivent pas être abandonnés à leur sort quoique l'on pense de leurs représentants légitimes issus du Hamas. Et puisque les puissances semblent faire la sourde oreille, ces gestes démasquent leur complicité.
    Une troisième fois bravo, parce qu'ils battent en brèche la théorie selon laquelle l'État d'Israël est l'État des juifs du monde entier. C'est un des enjeux actuels des négociations qui visent à faire reconnaître le caractère à la fois «exclusif» et «universel» de l'État juif. Cette «reconnaissance», exigée par les autorités actuelles d'Israël, aurait des conséquences politiques très importantes en ce qu'elle avaliserait le régime d'apartheid — les non-juifs vivant en Israël n'étant plus de «véritables citoyens» de cet État — et donnerait davantage de droits aux juifs non-citoyens d'Israël qu'aux citoyens non-juifs vivant dans cet État.
    C'est une contestation symbolique du sionisme qui au