Assemblée générale de l'ONU - Obama demande au monde d'appuyer les négociations au Proche-Orient

Barack Obama hier à l’assemblée générale des Nations unies<br />
Photo: Agence Reuters Jason Reed Barack Obama hier à l’assemblée générale des Nations unies

New York — Le président américain, Barack Obama, a lancé hier aux Nations unies un appel en faveur d'un soutien international au processus de paix au Proche-Orient et a exhorté Israël à prolonger le gel des constructions dans les colonies juives.

M. Obama a invité du haut de la tribune de l'assemblée générale de l'ONU les principaux protagonistes de la région à puiser dans la tradition de tolérance du judaïsme, du christianisme et de l'islam pour forger un traité de paix.

«Si nous faisons cela, quand nous reviendrons ici l'année prochaine, nous pourrions avoir un accord qui nous mènera à accueillir un nouveau membre des Nations unies: un État de Palestine indépendant, vivant en paix avec Israël», a déclaré le président.

Le Proche-Orient a représenté le thème principal du discours de M. Obama. Son appel arrive à un moment crucial des négociations de paix entre Palestiniens et Israéliens.

Les discussions directes entre Palestiniens et Israéliens, qui étaient suspendues depuis l'offensive de Tsahal à Gaza fin 2008, ont repris au début du mois. Le président palestinien, Mahmoud Abbas, et le premier ministre israélien, Benjamin Nétanyahou, ont tenu à ce jour deux séries de discussions.

Une concession

Le président américain a ajouté qu'il allait mettre tout son poids politique et diplomatique dans la balance, avec les risques que cela comporte pour lui, pour arriver à forger une paix entre Israéliens et Palestiniens.

M. Obama a explicitement parlé d'un «État juif d'Israël», une concession apparente aux autorités israéliennes, mais il a aussi demandé une reconduction du moratoire sur la colonisation en Cisjordanie. «Le moratoire sur les colonies juives a changé les choses sur le terrain et a amélioré l'atmosphère des discussions», a déclaré Barack Obama. «Notre position sur cette question est bien connue. Nous pensons que le moratoire doit être prolongé», a-t-il ajouté.

«Nombreux dans cette salle sont ceux qui se rangent parmi les amis des Palestiniens. Mais les promesses doivent maintenant être suivies des faits», a ajouté le chef de la Maison-Blanche. «Ceux qui se sont engagés sur l'Initiative arabe de paix doivent saisir cette occasion [...] pour avancer comme promis sur la voie de la normalisation avec Israël», a ajouté Barack Obama. «Et ceux qui parlent haut et fort en faveur de l'autonomie palestinienne doivent apporter un soutien politique et financier à l'Autorité palestinienne.»

L'Iran

M. Obama a d'autre part affirmé qu'une solution diplomatique était toujours possible dans le dossier du nucléaire iranien. «Les États-Unis et la communauté internationale essaient de résoudre leurs différends avec l'Iran, et la porte reste ouverte à la diplomatie, si l'Iran choisit de l'emprunter», a-t-il dit. «Mais le gouvernement iranien doit démontrer son engagement clair et digne de foi, et confirmer au monde la nature pacifique de son programme nucléaire», a prévenu le président américain.

Le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a quant à lui relevé, concernant le Proche-Orient, «un mouvement encourageant vers une paix globale». «Avec le Quartette pour le Proche-Orient, nous ferons tout ce qui est possible pour contribuer à mener les négociations vers une conclusion couronnée de succès», a-t-il promis.

«Je mets fortement en garde chaque partie contre tout acte qui entraverait le progrès» dans les négociations, a-t-il averti.

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Avec Reuters