L'ONU lance un programme de 40 milliards pour la santé des femmes et des enfants

Mohamed Nureldin Abdallah reuters<br />
La nouvelle stratégie mondiale vise à sauver les vies de 16 millions de mères et d’enfants sur les cinq prochaines années. <br />
Photo: Agence Reuters Mohamed Nureldin Abdallah Mohamed Nureldin Abdallah reuters
La nouvelle stratégie mondiale vise à sauver les vies de 16 millions de mères et d’enfants sur les cinq prochaines années.

Nations unies — Objectif: sauver 16 millions de vies sur les cinq prochaines années. Les Nations unies ont lancé hier à New York une «Stratégie mondiale pour la santé des femmes et des enfants», au dernier jour du sommet sur les Objectifs du millénaire pour le développement (OMD).

Lancée par le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, l'initiative a recueilli 40 milliards de dollars de promesses de dons provenant de gouvernements et d'organisations humanitaires privées. «Les femmes et les enfants jouent un rôle crucial dans le développement, souligne Ban Ki-moon dans un communiqué. Investir dans leur santé est non seulement la bonne chose à faire, mais cela bâtit également des sociétés stables, pacifiques et productives.»

M. Ban a fait de la réduction de la mortalité maternelle et infantile un combat personnel, et le sujet a été un des points au coeur du sommet de trois jours sur les OMD. On estime que chaque année dans le monde, huit millions d'enfants meurent avant l'âge de cinq ans et que 350 000 femmes décèdent durant la grossesse ou l'accouchement.

La nouvelle stratégie mondiale vise à sauver les vies de 16 millions de mères et d'enfants sur les cinq prochaines années. Elle sera présidée par l'Organisation mondiale de la santé (OMS), qui remettra chaque année à l'Assemblée générale de l'ONU un rapport sur les progrès accomplis, explique le Dr Flavia Bustreo, directrice du Partenariat pour la santé de la mère, du nouveau-né et de l'enfant.

Mme Bustreo souligne que les fonds récoltés pourraient servir à financer des instruments bon marché et des pratiques qui pourraient sauver la vie de millions d'enfants chaque année. D'autres enfants pourraient être sauvés par des liquides de réhydratation, pour combattre les diarrhées, des vaccins et des compléments vitaminiques.

Améliorer la santé maternelle est plus difficile et coûteux. Selon Mme Bustreo, la moitié des cas de mortalité maternelle sont causés par des complications lors de l'accouchement qui nécessitent une intervention chirurgicale. Deux des objectifs des OMD visent à réduire des deux-tiers la mortalité infantile et des trois quarts la mortalité maternelle d'ici 2015.

Une grande partie des promesses de financement viennent de pays pauvres qui se sont engagés à réserver une part plus importante de leur budget à la santé des mères et des enfants sur leur territoire. Le Nigeria promet ainsi d'allouer 2 % de ses revenus pétroliers à la santé domestique et de faire passer le budget national de la santé de 5 % à 15 %.

Les organisations humanitaires ont dans l'ensemble salué la nouvelle stratégie. L'ONG internationale Oxfam a toutefois exprimé son inquiétude. «D'où viendra l'argent?», s'interroge Emma Seery, porte-parole d'Oxfam. Et de poursuivre: «La moitié des donateurs ont réduit leur aide l'an dernier», sur fond de crise économique mondiale.

Aux Nations unies, la dernière journée du sommet de l'ONU sur les OMD, a notamment été marquée hier par les discours du président américain, Barack Obama, et du premier ministre chinois, Wen Jiabao. Ouvert lundi pour faire le point sur les OMD, le sommet a réuni plus de 140 chefs d'État et de gouvernement, dont beaucoup resteront à New York pour l'ouverture aujourd'hui de la 65e session de l'Assemblée générale de l'ONU.

Ban Ki-moon estime que le monde est sur la bonne voie pour réduire de moitié l'extrême pauvreté d'ici 2015 (objectif No1 des OMD), mais beaucoup soulignent que cette perspective est essentiellement liée aux progrès enregistrés en Chine et en Inde.

En 2000, l'ONU a fixé huit OMD à atteindre d'ici à 2015: réduire de moitié l'extrême pauvreté et la faim; assurer l'éducation primaire pour tous, promouvoir l'égalité des sexes; réduire la mortalité infantile; améliorer la santé maternelle; combattre le VIH/SIDA, le paludisme et d'autres maladies; préserver l'environnement; mettre en place un partenariat mondial pour le développement.