Omar el-Béchir soupçonné de génocide par la CPI au Darfour

La Haye — Le président soudanais, Omar el-Béchir, déjà soupçonné par la Cour pénale internationale internationale (CPI) de crimes de guerre et de crimes contre l'humanité au Darfour, fait désormais l'objet d'un mandat d'arrêt pour génocide.

Les juges ont ordonné hier qu'un second mandat d'arrêt, pour génocide, soit délivré à l'encontre du président soudanais, en plus du mandat d'arrêt lancé contre lui pour crimes de guerre le 4 mars 2009. Il s'agit du premier mandat d'arrêt pour génocide de la CPI depuis son entrée en fonction en 2003.

«Nous sommes très satisfaits de la décision de la CPI. Il s'agit d'une victoire pour le peuple du Darfour et de l'humanité tout entière. Cela donne espoir au gens du Darfour que justice sera faite», a réagi Ahmed Hussein, porte-parole du Mouvement pour la justice et l'égalité, le plus militarisé des groupes rebelles du Darfour.

Après l'annonce de la CPI, le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, a appelé le Soudan à coopérer avec elle. M. Ban «est profondément préoccupé par la nature des chefs d'accusation pesant contre le président Béchir», a déclaré un de ses porte-parole. Il exhorte Khartoum «à soutenir totalement le travail de la CPI et à faire face aux problèmes de justice et de réconciliation», a-t-il ajouté.

Les États-Unis ont réitéré leur appel à El- Béchir à se présenter devant la CPI. «Nous croyons qu'il devrait se présenter devant la CPI et répondre aux accusations qui ont été lancées contre lui», a déclaré Philip Crowley, porte-parole du département d'État.

Le ministre soudanais de l'Information et porte-parole officiel du gouvernement, Kamal Obeid, a accusé la CPI d'être un «tribunal politique».