Forage pétrolier dans le golfe du Mexique - Un juge fédéral annule le moratoire

Un juge fédéral a annulé hier le moratoire de six mois imposé par la Maison-Blanche sur le forage pétrolier en eaux profondes dans le golfe du Mexique, le qualifiant de geste impulsif et sévère. L'administration du président Barack Obama a aussitôt riposté en annonçant qu'elle interjetterait appel de la décision.

Le juge Martin Feldman, siégeant à La Nouvelle-Orléans, a donné raison à 32 sociétés pétrolières qui avaient déposé un recours contre le moratoire de six mois. «Le tribunal a conclu que les plaignants réussiraient sans doute à démontrer que la décision [gouvernementale] était arbitraire et sans fondement», a affirmé le magistrat.

Le moratoire, qui avait été annoncé fin mai par M. Obama, avait gelé l'approbation de tout nouveau permis pour des projets en eaux profondes et avait suspendu le forage de 33 puits exploratoires.

Mais plusieurs groupes pétroliers avaient contesté la décision, plaidant que le moratoire avait été décrété de manière arbitraire.

Danger

Le porte-parole de la Maison-Blanche, Robert Gibbs, a affirmé que Barack Obama estimait que tant et aussi longtemps que les enquêtes n'avaient pas déterminé ce qui était arrivé le 20 avril, poursuivre le forage en eaux profondes exposait les travailleurs et l'environnement à «un danger que le président ne croit pas qu'il peut se permettre».

Accueil froid

Au Congrès, l'annulation du moratoire a été accueillie froidement par des élus chargés des questions d'énergie. «C'est encore une mauvaise décision au milieu d'un désastre marqué par de mauvaises décisions de la part de l'industrie du pétrole», a regretté le représentant Ed Markey. «Je suis extrêmement déçue [...] alors que des millions de litres de pétrole continuent de se répandre», a poursuivi la sénatrice de l'État de Washington, Patty Murray. En revanche, la sénatrice de Louisiane, Mary Landrieu, dont l'État dépend fortement du pétrole, a salué l'annulation.

Le juge Feldman, qui avait été nommé par le président républicain Ronald Reagan, a également soutenu que le moratoire aurait des «répercussions incommensurables» sur l'industrie, l'économie locale et l'approvisionnement énergétique aux États-Unis.

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D'après l'Associated Press et l'Agence France-Presse