Marée noire - La Maison-Blanche veut que BP crée un fonds d'indemnisation

La colère de l’opinion américaine croît, 55 jours après l’explosion et le naufrage de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, nourrie par des images de plages polluées, de pêcheurs inquiets ou encore d’oiseaux englués dans le pétrole, comme ces pélicans bruns, l’emblème de la Louisiane.
Photo: Agence France-Presse (photo) Saul Loeb La colère de l’opinion américaine croît, 55 jours après l’explosion et le naufrage de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, nourrie par des images de plages polluées, de pêcheurs inquiets ou encore d’oiseaux englués dans le pétrole, comme ces pélicans bruns, l’emblème de la Louisiane.

La Maison-Blanche insiste sur la nécessité qu'un fonds spécial destiné à régler les dommages et intérêts qui seront réclamés par les particuliers et les entreprises touchés par la marée noire qui se répand dans le golfe du Mexique soit mis sur pied par le groupe BP, a fait savoir, hier, un proche conseiller du président des États-Unis, Barack Obama.

«Nous voulons nous assurer que l'argent soit mis sous séquestre pour répondre aux demandes légitimes d'indemnisation qui sont déposées et qui vont continuer à l'être par les entreprises et les particuliers qui ont été touchés dans le golfe», a affirmé David Axelrod, à 72 heures d'un face-à-face entre le président de BP, Carl-Henric Svanberg, ainsi que d'autres représentants du géant pétrolier, et Barack Obama.

«Et nous voulons nous assurer que l'argent soit géré de façon indépendante et qu'ainsi, il n'y aura pas de réticences au moment d'indemniser [les victimes]», a ajouté M. Axelrod.

Les habitants de la côte du golfe du Mexique qui attendent leurs indemnisations commencent quant à eux à s'impatienter.

BP a d'ores et déjà promis d'honorer toutes les «demandes légitimes» d'indemnisations et a déjà répondu favorablement à 19 000 requêtes totalisant à près de 55 millions de dollars.

Mais les chèques qui ont été envoyés — environ 5000 $ pour les propriétaires de bateaux de pêche et 2500 $ pour les employés — paraissent très éloignés des 10 000 à 20 000 dollars que les pêcheurs peuvent gagner en un mois à cette époque cruciale de l'année.

«5000 dollars? C'est une blague», a affirmé O'Neil Sevin, un pêcheur de crevettes qui tient un magasin d'appâts et une entreprise de conditionnement de fruits de mer en Louisiane. «J'ai une facture d'électricité de 3000 $ à payer. Ça va nous amener à la faillite», a-t-il ajouté.

Par ailleurs, le quotidien britannique Times précisait, vendredi, que le versement des dividendes de la multinationale pour le deuxième trimestre, qui s'élève à 1,7 milliard de livres (2,6 milliards de dollars canadiens), pourrait être suspendu et placé sous séquestre jusqu'à ce que la facture à payer par BP soit déterminée.

Obama visite la région touchée

Barack Obama doit effectuer aujourd'hui et demain son quatrième déplacement dans la région touchée par la marée noire, avant de prononcer, demain à 20h, un discours à la nation sur le sujet. «Il veut présenter les mesures que nous allons prendre à partir de maintenant afin de surmonter cette crise», a précisé David Axelrod.

La colère de l'opinion américaine croît, 55 jours après l'explosion et le naufrage de la plate-forme de forage Deepwater Horizon, nourrie par des images de plages polluées, d'oiseaux englués dans le pétrole ou de pêcheurs inquiets pour leur avenir.

À la veille de cette nouvelle visite du président, le New York Times a publié un éditorial très critique sur la gestion de la catastrophe écologique par son administration. «Les Américains doivent savoir que M. Obama, dont le sang-froid peut passer pour du détachement, est bien impliqué», note le journal en soulignant que cette marée noire, la plus importante de l'histoire des États-Unis, amène à s'interroger sur «la compétence et la capacité à diriger» du chef de la Maison-Blanche.

Les vives accusations portées par Washington contre BP ont conduit le gouvernement britannique à prendre la défense de BP vendredi, ce qui a contribué à faire remonter le cours du titre.

Samedi, un entretien téléphonique entre M. Obama et le premier ministre du Royaume-Uni, David Cameron, a calmé le jeu. Le président américain a assuré qu'il n'avait aucun intérêt à saper la valeur boursière de BP, tout en faisant valoir au chef de gouvernement britannique que le groupe devrait répondre aux demandes d'indemnisation liées à la catastrophe.

***

D'après Reuters et l'Agence France-Presse
 
3 commentaires
  • Carole Dionne - Inscrite 14 juin 2010 10 h 59

    MÉCHANT DILEMME

    D'un côté, les "amaricains" oblige BP a payer tous les frais, ce qui va coûter des milliards de beaux dollars et c'est normal. D'un autre, plusieurs fonds de pension de travailleurs de la Grande-Bretagne sont à la merci des dividendes de BP. pour leur fonds de pension


    Mais c'est BP malheureusement qui a pollué, donc elle doit payer pour ses erreurs

  • Huguette Miller - Inscrit 14 juin 2010 12 h 06

    Catastrophe qui ne devrait plus se reproduire

    En souhaitant que cette «catastrophe sans prédédent» ne se reproduise plus. On devrait exiger que le «forage» soit fait de façon «très sécuritaire»; il devrait y avoir une équipe spéciale qui «vérifie» à ce qu'un «clapet» de sécurité soit installé à chaque fois qu'il y a une plateforme de forage, et ce, n'importe où dans le monde, là où il y a du forage en mer. Bref, on se doit de renforcer les règles de sécurité pour le forage en mer, c'est bien certain. On est en train de «tuer» plein d'oiseaux et autres et ça va prendre des années avant que la mer revienne à la normale. Incroyable!

  • NELLIGAN2 - Inscrit 14 juin 2010 22 h 28

    BP DANS LE FOND DU PUITS

    IL Y A UN DANGER D'ÉPUISER LES FONDS DE BP, ILS PEUVENT SE METTRE EN FAILLITE COMME ENRON, MOI, J'IRAIS À LA SOURCE, JE TRADUIRAIS DEVANT LES TRIBUNAUX CEUX QUI ONT DONNÉ LES PERMIS D,EXPLORATION À BP, IL Y A EU DES ÉCOULEMENTS EN DESSOUS DE LA NAPPE .... DE PÉTROLE. ET, SI BP SE MET EN FAILLITE, TOUS LES FONDS DE RETRAITE DES PÔVRES TRAVAILLEURS, ENCORE LE PETIT QUI VA ÉCOPER, REGARDER NOTRE BELLE CAISSE DE DÉPÔT, 40 MILLIARDS PARTI EN FUMÉE, TOUT CECI À CAUSE D'UNE ÉQUIPE AVIDE DE CUPIDITÉ.....PERSONNE N'A ÉTÉ TRADUIT DEVANT LA LOI....LE MINISTRE À QUÉBEC A TROUVÉ ÇA NORMAL, ON EST RICHE , ON PEUT SE PERMETTRE DE JOUER À LA BOURSE À RISQUE ÉLEVÉ ..... DÉCEVANT ET DÉPRIMANT À LA FOIS.....................