Athènes et le FMI veulent discuter rapidement pour régler la crise

Washington — Le FMI et la Grèce ont annoncé hier vouloir aller vite pour mettre un terme à la crise budgétaire dans laquelle est plongé le pays, mais leur volonté et celle de plusieurs pays européens se heurtent à l'intransigeance de l'Allemagne.

Le directeur général du Fonds monétaire international (FMI), Dominique Strauss-Kahn, et le ministre grec des Finances, Georges Papaconstantinou, se sont dits tous deux confiants sur l'issue des négociations actuellement en cours entre la Grèce, la Commission européenne et le FMI.

«Le FMI, les partenaires européens et tout le monde impliqué dans l'effort de financement reconnaissent la nécessité d'aller vite», a déclaré M. Strauss-Kahn à l'issue d'une rencontre avec M. Papaconstantinou hier en marge des réunions de printemps du Fonds et de la Banque mondiale.

«Je suis convaincu que nous conclurons les discussions à temps pour satisfaire les besoins de la Grèce», a souligné le numéro un du FMI dans un communiqué.

Le ministre grec des Finances n'a pas dit autre chose en se déclarant convaincu que l'aide financière promise par les Européens et le FMI serait prête «dès le mois de mai».

La Grèce doit faire face le 19 mai à une échéance cruciale de quelque 8,5 milliards d'euros. Ce calendrier, conjugué à la fièvre qui ne cesse de grimper sur les marchés, a contraint Athènes vendredi à demander que l'aide promise par ses partenaires de la zone euro se concrétise.

Des négociations sur les conditions assorties à cette aide s'étaient ouvertes dès mercredi. L'appel à l'aide de la Grèce n'a toutefois pas entièrement convaincu les marchés, a reconnu M. Papaconstantinou. Ce dernier a néanmoins assuré que les spéculateurs qui parient sur l'incapacité du pays à honorer sa dette y «laisseraient leurs chemises».

L'Allemagne a pourtant clairement indiqué hier qu'elle pouvait encore dire non, si Athènes ne mettait pas en oeuvre une «politique de rigueur stricte».

«Le fait que ni l'UE ni le gouvernement [allemand] n'aient pris de décision pour l'instant signifie qu'elle pourra être positive ou négative», en fonction des mesures que prendra Athènes, a affirmé le ministre allemand des Finances, Wolfgang Schäuble, au journal dominical Bild am Sonntag. L'Allemagne n'est «pas prête à faire un chèque en blanc» à la Grèce, a renchéri son homologue aux Affaires étrangères, Guido Westerwelle.