En bref - L'OTAN veut responsabiliser les forces afghanes cette année

Tallinn — L'OTAN a indiqué hier que le processus de transfert aux Afghans des responsabilités en matière de sécurité dans leur pays serait lancé cette année, afin d'ouvrir la voie à un retrait des alliés.

Réunis à Tallinn, en Estonie, les ministres des Affaires étrangères de l'Alliance atlantique se sont entendus sur les grandes lignes de cette transition et ont insisté sur le fait qu'elle était irréversible. «Nous ne devons pas nous faire d'illusions. Ce ne sera ni facile ni rapide. Mais, sur la base de ce qui ce passe sur le terrain, le processus est en cours», a déclaré le secrétaire général de l'OTAN, Anders Fogh Rasmussen.

«J'ai espoir que la transition de la sécurité aux Afghans débutera cette année», a-t-il ajouté, précisant qu'une conférence internationale prévue à Kaboul le 20 juillet et le sommet de l'OTAN de Lisbonne en novembre étaient les échéances fixées par les ministres. Il a cependant prévenu que le but était dans un premier temps de passer à un rôle de soutien des autorités afghanes et qu'il n'y aurait pas de «précipitation vers la porte de sortie».

Les États-Unis ont lancé fin 2009 une nouvelle stratégie en Afghanistan visant à créer les conditions d'un retrait allié qui, selon le voeu de Barack Obama, doit débuter mi-2011.

Sur le modèle de ce qui a été fait en Irak, cette stratégie repose sur un recentrage vers les actions à destination de la population afghane et sur l'envoi de 30 000 hommes supplémentaires, afin de mieux lutter contre les taliban et de former les forces de sécurité nationales.

Ce processus a été freiné jusqu'à présent par l'incapacité du gouvernement afghan à assurer une sécurité minimum de sa population et à lui fournir les services publics de base.

Anders Fogh Rasmussen a de nouveau insisté à Tallinn sur le manque de formateurs pour l'armée et la police afghanes, en dépit d'un contingent allié en Afghanistan dépassant désormais les 120 000 hommes.