Exposition «interactive» sur la méthode Aga Khan de développement

L'Université Concordia accueillera, à partir de demain et jusqu'au 26 mars, une exposition sur «les 25 ans de partenariat» entre le Canada et le Réseau Aga Khan de développement.

«Nous voulons montrer que le développement est une entreprise complexe et donner des exemples de ce que nous considérons comme du "bon développement"», a affirmé lors d'une entrevue téléphonique Khalil Shariff, directeur général de la Fondation Aga Khan du Canada, une des composantes du Réseau.

Intitulée Les Ponts de l'unité, l'exposition «interactive et multimédia», qui a déjà été présentée dans d'autres villes canadiennes, se propose de remettre en question certaines idées reçues sur le monde en développement. Elle porte sur les programmes auxquels la Fondation est associée dans une dizaine de pays d'Afrique et d'Asie, dont l'Afghanistan, qui est depuis quelques années le principal récipiendaire de l'aide canadienne.

Le Réseau Aga Khan de développement a été fondé par le prince Karim al-Hussayni, l'actuel Aga Khan, autrement dit le chef d'un courant minoritaire de l'islam chiite appelé «ismaélisme». Même si ses interventions se font souvent dans des pays où vivent des communautés ismaéliennes, cette institution se définit comme non confessionnelle, travaillant le plus souvent auprès des «communautés pauvres et marginalisées en milieu rural», selon

M. Shariff.

La présence du Réseau et de sa composante canadienne en Afghanistan remonte aux années 1990. À l'époque, il s'agissait surtout de fournir une aide humanitaire d'urgence dans le nord-est du pays, la seule région qui échappe au régime des talibans. La Fondation Aga Khan du Canada travaillait déjà, depuis plusieurs années, dans deux pays voisins, le Pakistan et le Tadjikistan.

Aujourd'hui, la Fondation oeuvre essentiellement dans les mêmes régions de l'Afghanistan, mais son action relève davantage du développement, dans des domaines tels que la démocratisation des communautés locales, l'éducation, l'égalité entre les hommes et les femmes et la mise en place de solutions de rechange à la culture du pavot.

«Dans un contexte où les infrastructures et les capacités humaines ont été détruites, la seule façon de réussir est de travailler simultanément sur plusieurs fronts», affirme Khalil Shariff.

L'exposition élira domicile à la bibliothèque McConnell, située au 1400, De Maisonneuve Ouest.