On meurt toujours au Darfour

Khartoum — Malgré la signature d'un cessez-le-feu, des centaines de civils pourraient avoir été tués la semaine dernière dans des affrontements entre l'armée soudanaise et des rebelles dans la région du Djébel Marra, au Darfour, a-t-on appris hier de source proche des Nations unies. Un porte-parole de l'armée soudanaise a toutefois démenti de tels affrontements et assuré qu'ils avaient opposé des rebelles à la population civile.

«Le bilan ne cesse de s'alourdir. Au mieux, on compte 140 morts. Mais l'estimation la plus pessimiste est proche de 400 tués», a-t-on déclaré de source proche de l'ONU sous le sceau de l'anonymat. De même source, on déclare que quelque 40 000 civils ont fui la zone de ces affrontements entre les forces régulières et les rebelles de l'Armée de libération du Soudan (SLA) autour de la ville de Deribat.

Un chef militaire de la SLA, Souleïmane Maradjane, a déclaré que les bombardements des forces gouvernementales dans ce secteur ces six derniers jours avaient fait au moins 170 morts, mais que l'on comptait des victimes dans d'autres secteurs.

«Il n'y a aucun affrontement entre l'armée soudanaise et les forces d'Abdel Wahed», a affirmé pour sa part un porte-parole de l'armée, en se référant au nom du chef de la SLA, bien implantée dans ce secteur.

Mercredi dernier, le président soudanais Omar Hassan al Bachir avait déclaré terminée la guerre déclenchée il y a sept ans par les rebelles du Darfour, après avoir abouti à un protocole d'accord avec leur principale composante, le Mouvement l'égalité et la justice (MEJ). La SLA a rejeté cet accord qui prévoit la signature d'un accord de paix définitif le 15 mars.