Brown jure ne pas être un tyran

Gordon Brown: «Je n’ai jamais frappé...»
Photo: Archives Le Devoir Gordon Brown: «Je n’ai jamais frappé...»

Londres — Le premier ministre britannique, Gordon Brown, a rejeté des accusations parues hier dans la presse selon lesquelles il terroriserait son entourage au cours d'épisodes colériques. Ces accusations, publiées par The Observer, sont tirées d'un livre écrit par un éditorialiste du même journal britannique, Andrew Rawnsley, au sein duquel il décrit des scènes de colère du premier ministre dans l'exercice de ses fonctions.

«Ces accusations malveillantes sont absolument sans aucun fondement et rien de tel ne s'est jamais produit au 10 Downing Street», ont fait savoir les services du premier ministre dans un communiqué publié hier.

Dans son ouvrage, The End of the Party, Rawnsley décrit un chef du gouvernement souvent en proie à des accès de rage, habitué à crier sur son personnel.

L'éditorialiste britannique rapporte par ailleurs deux scènes de colère atypiques. Au cours de la première, Brown aurait saisi par le collet l'un de ses collaborateurs. Et lors de la seconde, celui-ci aurait frappé tellement fort sur un siège de voiture qu'un de ses conseillers se serait recroquevillé sur lui-même, de peur qu'il ne le frappe au visage.

Brown, que plusieurs sondages annoncent déjà comme le futur grand perdant des élections législatives du printemps, avait tenu à évoquer sa personnalité samedi soir, sur le plateau de la chaîne de télévision Channel 4, à la veille de la publication des extraits du livre de Rawnsley.

«Si je me mets en colère, je me mets en colère contre moi-même», avait-il dit. Prié de dire s'il avait déjà juré devant son personnel, bousculé l'un de ses collaborateurs ou encore jeté des choses dans leur direction, le responsable britannique avait répondu qu'il lui était déjà arrivé de jeter des journaux par terre, sous l'effet de la colère. «Je n'ai jamais, jamais frappé quiconque de ma vie», avait-il ajouté.

La parution des extraits du livre de Rawnsley a complètement éclipsé hier dans la presse britannique la contre-attaque du Parti travailliste lancée la veille par Brown, alors que le Labour demeure toujours distancé dans les sondages par les conservateurs, même si l'écart se resserre.

Un sondage YouGov publié hier dans le Sunday Times crédite les travaillistes de 33 % d'intentions de vote, en hausse de trois points.