L'UNESCO dénonce la violence contre les écoles

L'UNESCO s'inquiète d'une «multiplication» des attaques perpétrées contre les écoles, les élèves et les enseignants dans le monde.

L'Organisation des Nations unies pour l'éducation, la science et la culture indique dans un rapport récent que des agressions contre ce secteur de la société ont été signalées dans au moins 32 pays entre janvier 2007 et juillet 2009.

Les démolitions d'écoles et l'assassinat d'élèves ou de professeurs ne sont pas l'exclusivité des talibans d'Afghanistan et du Pakistan, qui veulent interdire l'instruction aux filles, même si les talibans sont effectivement responsables d'une bonne partie du problème. «Rien qu'en Afghanistan, le nombre d'écoles attaquées est passé de 242 en 2007 à 670 en 2008, et 439 enseignants ont trouvé la mort [dans ce pays] entre 2006 et 2009», a d'ailleurs affirmé le journaliste britannique Brendan O'Malley en présentant le rapport dont il est le principal auteur.

Ce document indique aussi que des rebelles maoïstes ont fait sauter pas moins de 2069 établissements scolaires en Inde, que 300 écoles ont été endommagées durant l'offensive militaire israélienne à Gaza en 2008-09 et 127 pendant la guerre russo-géorgienne de l'été 2008, et qu'au moins 90 enseignants ont été assassinés en Colombie. Les écoles ont également souffert de la violence dans certaines régions de la Thaïlande.

Vacances forcées

Aux dommages matériels et aux victimes directes d'attaques contre les écoles s'ajoutent les victimes du climat de terreur qui s'ensuit. Par exemple, la fermeture de quelque 670 écoles dans le sud de l'Afghanistan en mars 2009 avait privé d'instruction 170 000 enfants.

«Bien souvent, en s'attaquant à l'institution éducative, il s'agit de s'en prendre à l'État. À l'inverse, il peut s'agir pour certains États ou organisations paramilitaires de neutraliser des opposants réels ou supposés en s'en prenant à des universitaires notamment», note le document de l'UNESCO, qui propose qu'on étudie plus en profondeur les causes du phénomène.

Entre autres recommandations, l'UNESCO demande à la Cour pénale internationale de poursuivre certains auteurs connus d'attentats contre le milieu de l'éducation.

C'est la deuxième fois que l'agence onusienne publie un rapport sur le sujet, le précédent remontant à 2007.