«Monsieur Climat» démissionne

L’arrivée d’une nouvelle tête au secrétariat de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques pourrait donner un nouvel élan aux négociations.
Photo: Agence Reuters Fafael Marchante L’arrivée d’une nouvelle tête au secrétariat de la Convention de l’ONU sur les changements climatiques pourrait donner un nouvel élan aux négociations.

Paris — Deux mois après la déconvenue du sommet de Copenhague, Yvo de Boer, plus haut responsable de l'ONU chargé du climat, a annoncé sa démission, au moment où les négociations stagnent et où les experts du climat sont dans la tourmente.

Secrétaire exécutif de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques (UNFCCC) depuis quatre ans, M. de Boer quittera son poste le 1er juillet, cinq mois avant la prochaine conférence sur le climat qui doit avoir lieu dans la station balnéaire de Cancún, au Mexique, a indiqué hier l'UNFCCC.

Personnage central des conférences sur le climat, ce Néerlandais de 55 ans, fils de diplomates éduqué dans les collèges anglais dont il a gardé un accent impeccable, rejoindra le groupe de conseil KPMG.

Le mandat de M. de Boer à la tête de l'UNFCCC, qui compte 194 pays, expirait en septembre, mais il y a quelques semaines, sollicité par l'AFP, son secrétariat soulignait qu'il escomptait bien être reconduit à l'automne.

«Ce départ ajoute au sentiment de flottement et d'hésitation; on aura tendance à l'interpréter comme une conséquence de Copenhague et des démêlés du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat [GIEC]», reconnaissait hier un diplomate européen.

Le GIEC, dont les conclusions servent de référence aux négociations internationales, fait l'objet d'une multitude d'attaques, sur ses méthodes de travail, ses résultats, ou encore la personnalité de son président, l'Indien Rajendra Pachauri.

Situation embarrassante pour un organisme créé il y a plus de 20 ans et auréolé d'un prix Nobel de la paix, le GIEC a dû admettre en janvier qu'il avait commis une «regrettable erreur» en affirmant, dans son dernier rapport, que les glaciers de l'Himalaya «pourraient disparaître d'ici 2035, voire avant».

Ces imprécisions sont largement utilisées par les climato-sceptiques, à un moment où la négociation sous l'égide de l'ONU peine à redémarrer.

Tous les regards sont maintenant braqués vers le secrétaire général de l'ONU, Ban Ki-moon, qui doit désigner le successeur d'Yvo de Boer.

L'arrivée d'une nouvelle tête au secrétariat de la Convention de l'ONU sur les changements climatiques pourrait «donner un nouvel élan» aux négociations, estime Laurence Tubiana, présidente de l'Institut des relations internationales et du développement durable.

«Si c'était quelqu'un venant d'un pays en développement, cela pourrait être un bon signal», ajoute-t-elle.
10 commentaires
  • Julien Beauregard - Inscrit 19 février 2010 01 h 42

    Charest

    Une bonne occasion pour notre PM actuel de viser l'international! En tant qu'assistés sociaux du fédéral, on se qualifierait bien en terme de «société en développement». Et pour M. Charest, ça serait une occasion de se réaliser pleinement et se débarrasser de la patate chaude de tous ses dossiers éthiques!

  • pierre savard - Inscrit 19 février 2010 07 h 34

    Une farce ?

    Toute cette histoire de réchauffement climatique est une vraie farce. Dans qqs années, on n'en parlera plus. Nombre de morts causé par le supposé réchauffement climatique : 0. Nombre de morts causé par le tremblement de terre à Haiti: entre 200 000 et 250 000 ! Ça dit tout.

  • jacques noel - Inscrit 19 février 2010 08 h 55

    Après le bogue de l'an 2000

    le bogue de 2010...

  • Jean-benoit Maksymjuk - Inscrit 19 février 2010 09 h 46

    Seul la vie humaine compte?

    Cher M Savard, cher comptable, il est possible que dans quelques années nous ne parlerons plus du réchauffement climatique: nous serons trop occupés à chercher les derniers ours blancs, déménager les villages Inuits et Malaisiens, à s'acheter des purificateurs d'air, et que d'autre!

    Le réchauffement climatique ne devrait pas être affaire de chiffres, on ne devrait pas vraiment se battre pour des histoires de taux par rapport à 1990, on ne devrait pas chercher à compter le nombre de morts causés, l'argent que ça va coûter...

    Le réchauffement climatique engendre une crise écologique. Le problème n’est pas de savoir combien de morts nous verrons dans le prochain siècle, mais quel sera l’état de la planète que nous laisserons à nos enfants. Quels choix difficiles devront-ils faire en conséquence de notre ignoble égoïsme de baby boomers.

    Le problème ce n’est pas les chiffres, c’est nos pratiques barbares, notre ignorance volontaire, notre manque de courage politique, notre confort, autant de raisons de refuser d’accepter la réalité criée aussi fort que possible par tous les scientifiques qui se respectent.

    Le problème ce n’est pas les chiffres, ce n’est pas le nombre de morts ; un drame écologique et humain ça ne se calcule pas.


    Pour ce qui est de l'article, le départ de M de Boer me chagrine car ça ne fait qu'illustrer à quel point la tâche de rassembler les états autour de l'enjeu est difficile. Les politiciens débattent et se défendent et l'onu a toute la difficulté du monde à concilier des visions aux antipodes. La démission de M de Boer est triste; il s'est brûlé à tenter l'impossible. Son départ, malheureusement passera presque sous silence, alors qu'il devrait avoir bien plus d'importance. En somme c'est comme un autre prof qui craque à cause de l'indiscipline de sa classe....

  • Fernand Trudel - Inscrit 19 février 2010 12 h 05

    Comme le Titanic le GIEC a rencontré son iceberg

    Le GIEC a voulu nous faire accroire que nous sommes les principaux responsables des changements climatiques. L'empreinte écologique humaine ne représente que 0,72% toute sources de GES confondues. Le protocole de Kyoto a été un échec qui a coûté des milliards sans diminuer le CO2 malgré els efforts de tous. Ils ont oublié que l'homme ne contrôlera jamais le climat de l'univers.

    La principale source de GES demeure l'évaporation des océans avec une présence de 95% de l'air. Mais le GIEC a décidé d'ignorer cette importante donnée car son mandat était de connaître si l'homme émettait des GES. Or, la principale source de GES humains est la chaleur urbaine dû à la concentration serrée des villes. Or, le GIEC lui-même a déclaré dans son dernier rapport de 2007 que les îlots de chaleur urbain (ICU) était marginal en ces termes : « les effets des ICU sont réels, mais locaux, et ont une influence négligeable sur les valeurs [de hausse] moins de 0,006°C par décennie sur les terres et zéro sur les océans ». Comment croire ces gens qui essayent de nous convaincre que ce grand Canada peu peuplé est plus responsable des GES que la Chine surpeuplée et qu'il doit payer la facture avec les 35 autres pays sur les 194 existants. C'est carrément de l'extortion de fonds verts...

    Si les concentrations de population urbaines ont une influence négligeable pourquoi devons-nous nous culpabiliser des changements climatiques naturels. Comment une influence si petite peut doper autant le climat? Voilà où les sceptiques comme moi ne peuvent accepter les exagérations de langage du GIEC qui a créé avec la complicité du politicien Al Gore, une hystérie collective qui a été couronné par un prix Nobel à l’odeur douteuse.

    Pour Monsieur Maksymjuk seule la vie humaine compte. J’en suis alors pourquoi dépenser autant de milliards à une cause perdue d’avance car l’homme, ce prétentieux, ne dirigera jamais le climat car la nature aura toujours le dernier mot. Il devra s’adapter. Comme le disait Claude Allègre dans une récente interview : « Paris a subit une hausse de 3 degrés depuis le début du siècle, avez-vous remarqué quelque chose ? »

    Pendant qu’on gaspille temps et argent pour enrichir certaines têtes d’affiche de cette arnaque climatique semblable à celle du bogue de l’an 2000, les gens meurent de faim, de soif et de manque de soins médicaux. C’est vrai que les dirigeants de l’ONU visent une décroissance économique et de la population et que les groupes écolos servent de mercenaires du message onusien. C’est essence du don d’un milliard de Ted Turner à l’ONU qui a été distribué aux ONG écolos et aux scientifiques qui ont alimenté cette ’balloune’ médiatique qui se dégonfle après des révélations troublantes qui se succèdent jour après jour. Le GIEC a perdu son aura de consensus scientifique pour reprendre sa véritable identité d’organisme politique onusien.

    http://www.un.org/News/fr-press/docs/2006/DEV2594.

    Il demeure que je milite pour un autre consensus, celui du Consensus de Copenhague qui date de 2004. On avait réuni 50 des meilleurs cerveaux du monde pour déterminer quelles sont les priorités mondiales endossées par l’UNESCO.
    http://portal.unesco.org/education/fr/ev.php-URL_I