En bref - Le ton monte entre Ankara et les magistrats

Ankara — Le gouvernement turc a menacé hier d'organiser un référendum constitutionnel pour réformer la justice, dans un nouvel épisode de son bras de fer avec les élites laïques du pays. La querelle trouve son origine dans l'arrestation, mercredi, d'un procureur soupçonné d'appartenance au réseau clandestin Ergenekon, accusé d'avoir voulu renverser le gouvernement formé par l'AKP, parti musulman modéré arrivé au pouvoir en 2002.

L'arrestation a été ordonnée par d'autres procureurs, mais le Conseil supérieur de la magistrature (HSYK), connu pour son opposition à l'AKP, a estimé que ces derniers avaient outrepassé leur autorité et les a destitués de leurs pouvoirs. Le vice-premier ministre, Bulent Arinc, a jugé la décision du HSYK inacceptable, parlant d'un «coup sévère pour la démocratie». Il a ajouté que l'AKP, qui jouit d'une forte majorité au Parlement, pourrait songer à amender la Constitution.