Assassinat à Dubaï d'un responsable du Hamas - Rien ne prouve l'implication du Mossad à Dubaï, selon Israël

Jérusalem — Les noms des suspects de l'assassinat d'un responsable du Hamas en janvier à Dubaï correspondent à des personnes vivant en Israël, mais ceci ne prouve pas que l'État juif ait mené cette opération, a déclaré hier le ministre israélien des Affaires étrangères.

Avigdor Lieberman n'a pas démenti catégoriquement l'implication d'Israël dans cette affaire, mais a ajouté qu'il n'y avait aucune preuve que son pays était responsable de cet assassinat.

Sept des onze noms de suspects avancés par la justice des Émirats arabes unis dans l'enquête sur la mort de Mahmoud al Mabhouh sont ceux de personnes vivant en Israël.

Plusieurs d'entre eux ont dit n'avoir rien à voir avec cette affaire, qu'on avait utilisé leur patronyme à leur insu et que les photos diffusées par Dubaï dans le cadre des mandats d'arrêt ne correspondaient pas à leur identité.

Six des noms délivrés par la justice émiratie sont ceux de citoyens britanniques ayant émigré en Israël. La septième personne a la double nationalité israélienne et américaine. La police de Dubaï a indiqué que son nom figurait sur un passeport allemand utilisé par l'un des assassins présumés.

Plusieurs experts israéliens du renseignement estiment que si le Mossad est responsable de cette opération commando et espérait la maintenir secrète, il a commis une bévue en utilisant le patronyme de personnes liées à Israël.

Des mandats d'arrêt

Mabhouh, un responsable militaire du Hamas, a été retrouvé mort dans sa chambre d'un hôtel de Dubaï. Le mouvement palestinien accuse Israël de l'avoir assassiné, une hypothèse que les autorités judiciaires émiraties n'excluent pas.

Ces dernières ont lancé des mandats d'arrêt internationaux pour assassinat à l'encontre des 11 suspects, qui étaient porteurs de passeports britanniques, irlandais, allemands et français.

Israël n'a fait aucun commentaire sur les accusations lui attribuant la responsabilité de la mort de Mabhouh, hormis ceux de Lieberman hier.

Par le passé, des commandos du Mossad ont utilisé des passeports étrangers pour mener des opérations ponctuelles.

Ainsi, en 1997, des agents porteurs de passeports canadiens avaient tenté d'empoisonner à Amman le chef du Hamas, Khaled Méchaal. Un agent avait emprunté le nom d'un Canadien vivant en Israël, qui a affirmé qu'on avait utilisé son patronyme à son insu.

En 1987, la Grande-Bretagne avait protesté auprès d'Israël pour avoir fait un usage douteux de faux passeports britanniques. Elle avait obtenu la promesse que ces faits ne se reproduiraient pas.