Les attaques contre la presse plus meurtrières que jamais en 2009

New York — Au moins 70 journalistes ont été tués dans l'exercice de leur métier en 2009, soit le nombre le plus élevé jamais enregistré, a dénoncé le Comité de protection des journalistes (CPJ) dans un rapport publié hier.

Le bilan a été alourdi par le massacre de 31 journalistes et employés de presse dans une embuscade aux Philippines, un incident lié à une élection locale en novembre, et par l'escalade de la violence en Somalie, précise ce rapport de 350 pages intitulé Attaques contre la presse, 2009.

L'organisation basée à New York continue d'enquêter sur les décès de 24 autres journalistes à travers le monde en 2009, pour établir s'ils étaient liés à l'exercice de leur profession.

Le précédent record, en partie dû à la situation en Irak, avait été établi en 2007, avec 67 journalistes ayant trouvé la mort en relation directe avec leur activité. En 2008, le nombre des victimes avait baissé, à 41.

Selon le CPJ, 2009 a également vu augmenter le nombre des journalistes emprisonnés, particulièrement en Iran dans le cadre de la répression du mouvement d'opposition après l'élection présidentielle contestée de juin. Au 1er décembre 2009, 136 journalistes étaient derrière des barreaux dans le monde, 11 de plus que l'année précédente.

Lors d'une conférence de presse au siège de l'ONU pour présenter le rapport, Maziar Bahari, un journaliste irano-canadien travaillant pour le magazine américain Newsweek qui a été emprisonné en Iran en juin, a déclaré que plus de 100 journalistes, blogueurs et écrivains ont été arrêtés depuis l'élection, dont plus de 65 sont toujours sous les verrous.

Le rapport fait ressortir que l'Irak est devenu moins dangereux que lors des années passées, avec quatre journalistes tués en 2009, le nombre le plus bas depuis le début de la guerre en 2003.