L'ambassadeur américain au Canada veut redorer l'image de son pays

David Jacobsen, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, était de passage à Montréal, hier.
Photo: Jacques Grenier - Le Devoir David Jacobsen, l’ambassadeur des États-Unis au Canada, était de passage à Montréal, hier.

L'ambassadeur des États-Unis au Canada, David Jacobsen, s'est fixé quatre priorités dans les relations entre les deux pays. Et visiblement une cinquième, plus subtile: changer l'image internationale des États-Unis, ternie par les années Bush. Les États-Unis souhaitent le retour du multilatéralisme dans la conduite du monde, a-t-il dit hier.

De passage hier midi devant les invités du Conseil des relations internationales de Montréal (CORIM), M. Jacobsen a énuméré ses priorités de nouvel ambassadeur: sécurité à la frontière canado-américaine; relations commerciales harmonieuses; gestion des questions énergétiques et écologiques; et enfin collaboration pour assurer la prospérité et la sécurité de la planète.

Mis à part la question des changements climatiques, ces priorités sont identiques à celles de son prédécesseur républicain. Là où David Jacobsen veut marquer une rupture, c'est dans le ton et l'image internationale des États-Unis.

Devant le parterre du CORIM, l'ambassadeur a longuement parlé de l'importance du respect et de l'entraide dans les relations internationales. Il a rappelé que le président Obama va fermer la prison de Guantánamo et a interdit la torture lors des interrogatoires de la CIA. «On se perd quand on compromet les valeurs pour lesquelles on se bat», a-t-il dit, évoquant les droits humains et la liberté.

«Les critiques des États-Unis disent que nous sommes un pays belliqueux, a-t-il ajouté. C'est faux. Nous sommes un pays de paix. L'engagement des États-Unis envers la sécurité mondiale ne va jamais faiblir. Mais ça ne se fait pas seul. Peu importe l'endroit de la planète, on a besoin de la communauté internationale avec nous.»

Selon M. Jacobsen, la politique étrangère de Barack Obama repose sur deux grands axes: «Il faut être réaliste dans nos actions et idéalistes dans nos coeurs.» Selon lui, les gestes doivent toujours être en accord avec les valeurs universelles que sont la liberté et les droits humains.

Mais, citant l'Iran, le Myanmar, la Corée du Nord et le Zimbabwe — «des endroits qui craignent plus leur propre gouvernement que les nations étrangères» — l'ambassadeur Jacobsen prévient que certains pays subiront l'axe «réaliste» de la politique étrangère américaine. «Les délinquants de la planète doivent être sanctionnés, a-t-il dit. Et les sanctions sont possibles seulement si la communauté internationale se tient ensemble. Il faut être capable de mettre de la pression et dire clairement qu'il y a des conséquences aux gestes.»

Les sanctions contre l'Iran, qui annonce vouloir enrichir son uranium, seront une bonne occasion pour la communauté internationale de parler d'une seule voix, a-t-il dit.
1 commentaire
  • Pierre Demers - Inscrit 11 février 2010 19 h 24

    M. Jacobsen, le français et le Québec

    M. Jacobsen, le français et le Québec.
    Alors que la défense de la langue française est d'ue importance primordiale pour le Québec, ce serait intéressant de savoir si M. Jacobsen, le nouvel Ambassadeur des États-Uiiis au Canada, s'exprimant à Montréal devant le CORIM, a parlé français. L'usage du français, langue internationale, s'accorderait avec ses préoccupations, car je remarque ses propos : "Peu importe l'endroit de la planète, on a besoin de la communauté internationale avec nous." Il se trouvait dans la métropole française d'Amérique, et ilaurait pu, à propos des libertés et des droits humains qu'il a évoqués, évoquer une pensée d'amitié réciproque envers le Québec, État, Nation et puissance pacifique francophone mondiale en devenir à la frontière de la grande puissance mondiale qu'il représente.
    Pierre Demers
    Ligue internationale des scientifiques pour l'usage de la langue française
    c3410@er.uqam.ca