Rencontre des ministres des Finances du G7 - Les institutions financières devront assumer les coûts de la crise

Iqaluit, Nunavut — Les ministres des Finances du G7 ont dit qu'ils étaient déterminés à faire en sorte que les institutions financières assument les coûts de la crise économique qu'ils ont causée, au terme de la rencontre de deux jours qui s'est tenue ce week-end à Iqaluit, au Nunavut.

Ils ont aussi mis en garde les gouvernements, samedi, afin que ceux-ci ne retirent pas trop rapidement leurs mesures d'urgence pour relancer l'économie et qu'ils ne favorisent pas la mise en place d'une réforme bancaire stricte, de peur que ces mesures ne freinent la relance.

Les grands argentiers des sept pays ont soutenu que la reprise économique était bel et bien engagée et qu'elle s'était manifestée plus tôt que prévu. Mais ils ont tenu à souligner que cette dernière demeurait très fragile.

Et c'est pour cette raison qu'il faut faire preuve de prudence lorsqu'il est question de mettre en place de nouvelles réglementations pour les banques, a indiqué le secrétaire au Trésor américain, Tim Geithner. «Nous allons élaborer le cadre de cette réforme avec un soin particulier et nous allons nous assurer, lorsque nous la mettrons en place, que nous le ferons de manière à ne pas miner la reprise éventuelle», a-t-il précisé.

M. Geithner a pris la parole à plusieurs reprises pour mettre en garde ses homologues quant à l'adoption de mesures trop sévères à l'endroit du système financier mondial et du système bancaire.

Manque d'appétit?

Les médias canadiens se demandaient hier pourquoi les participants du sommet du G7 à Iqaluit avaient boudé le repas de clôture organisé par le Canada, qui avait préparé un menu traditionnel inuit, comprenant du phoque.

Les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales du G7 étaient invités samedi soir à un repas au cours duquel du caribou, du poisson et de la viande de phoque étaient servis.

Mais seuls le ministre des Finances, Jim Flaherty, et le gouverneur de la banque centrale du Canada, Mark Carney, ont pris part à la soirée.

Selon la version officielle, les autres délégations du G7 n'ont pas pu assister à l'événement en raison de leur «horaire chargé».

Les médias canadiens replacent toutefois ces absences dans la polémique entourant la chasse au phoque.

Le commerce des produits dérivés du phoque est interdit sur le territoire européen depuis le début de l'année. L'Union européenne (UE) avait pris cette décision, car jugeant «cruelle» cette activité, ce qui avait créé la colère du gouvernement canadien.

Les ministres des Finances d'Europe ont semblé mal à l'aise lorsqu'un journaliste local leur a posé une question sur la chasse au phoque lors d'une conférence de presse.

Il y a trois semaines, les Inuits du Canada et du Groenland ont intenté un procès à l'UE devant une cour européenne afin de casser l'interdiction du commerce du phoque.