Darfour - L'ONU s'inquiète du sort des réfugiés

Khartoum — Les réfugiés de certains secteurs du Darfour manquent cruellement de nourriture et d'eau, pénurie que l'expulsion des organisations humanitaires d'une partie de la région rend plus problématique encore, ont dit hier les Nations unies. Environ 4,7 millions de personnes dépendent de l'aide humanitaire au Darfour, province occidentale du Soudan où un conflit entre des rebelles et le gouvernement de Khartoum a fait environ 300 000 morts depuis 2003, selon l'ONU.

«En raison des faibles niveaux de pluie l'année dernière, les autorités et la communauté humanitaire s'attendent à des pénuries importantes de nourriture dans les camps de [réfugiés] en 2010, ce qui accroît la possibilité d'autres conflits», dit un communiqué de la MINUAD, la mission conjointe de l'ONU et de l'Union africaine au Darfour. Des indices inquiétants de pénurie ont notamment été relevés à Dar El Salaam et Shangil Tobay, dans le nord du Darfour.

Selon le Bureau de la coordination des affaires humanitaires de l'ONU, des milliers de membres de la tribu Birgit ont fui les combats pour se réfugier près de Shangil Tobay l'année dernière, ce qui a généré des tensions avec les habitants de la région.

«Le manque d'eau est une des racines de la tension et de la rivalité autour des ressources qui en résulte», a dit le porte-parole du Bureau, Samuel Hendricks.

Selon un autre responsable, l'expulsion des ONG opérant dans la région exacerbe ces problèmes. Oxfam gérait un des services d'eau à Shangil Tobay jusqu'à ce qu'elle soit contrainte de partir.