Attentat raté à Noël: la sécurité aérienne renforcée

La menace terroriste a brutalement refait surface à Noël, alors qu’un homme disant agir sous les ordres de Al-Qaida a tenté vendredi de faire exploser un vol Amsterdam-Détroit de Northwest Airlines. Cet attentat raté a immédiatement provoqué un resserrement des mesures de sécurité, y compris au Canada

Plusieurs compagnies aériennes ont averti aujourd’hui leurs clients que de nouveaux règlements leur interdisent désormais de quitter leurs sièges dans l’heure qui précède l’atterrissage.

Au Canada, Air Canada a fait savoir que les nouvelles règles font en sorte que les passagers doivent rester assis, ne sont pas autorisés à accéder à leurs bagages à main, et ne peuvent pas avoir d’objets sur leurs genoux.

Le personnel de bord certains vols intérieurs aux États-Unis a informé les passagers de règlements similaires.

Le ministre canadien des Transports, John Baird, a ordonné aux responsables de Transports Canada et de l’Administration canadienne de la sûreté du transport aérien (ACSTA) de faire preuve d’une vigilance accrue.

M. Baird a affirmé que le Canada travaillait conjointement avec les États-Unis pour mettre en oeuvre toutes les mesures de sécurité appropriées afin de protéger les voyageurs.

Dans un communiqué émis samedi, Transports Canada a également expliqué que les passagers et leurs bagages de cabine seraient soumis à des fouilles additionnelles. Comme des retards sont à prévoir, il a recommandé aux gens de se présenter à l’aéroport trois heures avant leur vol.

Transports Canada a indiqué que les nouvelles mesures seraient en place pendant au moins quelques jours. Il a aussi demandé aux voyageurs d’être attentifs à ce qui se passe autour d’eux et de rapporter tout comportement suspect aux autorités.

Vendredi, jour de Noël, un citoyen nigérian identifié comme Umar Farouk Abdul Mutallab, qui prenait place dans le vol 253 de Northwest Airlines effectuant la liaison Amsterdam-Détroit, a été maîtrisé par des passagers alors qu’il tentait de faire sauter l’avion avant l’atterrissage.

L’avion, un Airbus 330 qui comptait 278 passagers et 11 membres d’équipage, a finalement pu se poser sans encombre.

D’après un responsable du renseignement américain, le suspect était en possession d’un engin explosif composé d’un mélange de poudre et de liquide. Le dispositif a fait long feu quand l’homme a tenté de l’actionner.

Brûlé aux jambes après avoir tenté d’allumer le dispositif, le suspect a été hospitalisé sous la garde des enquêteurs dans un établissement d’Ann Arbor (Michigan). Ses brûlures indiquent que l’engin était fixé à ses jambes, ont rapporté des responsables du maintien de l’ordre.

Cet homme était fiché depuis au moins deux ans aux États-Unis parmi les personnes susceptibles d’avoir des contacts avec des terroristes, a appris Associated Press de source officielle américaine. Le suspect figurait sur une liste de personnes ayant eu, ou étant soupçonné d’avoir eu, des contacts ou des liens avec un terroriste ou une organisation terroriste.

Cette liste est gérée par le Centre national antiterroriste aux États-Unis. Elle comprend environ 550 000 noms. Les personnes y figurant ne sont pas nécessairement inscrites sur la liste des personnes interdites d’embarquement.

Les autorités néerlandaises ont affirmé que le suspect avait pris un vol à Lagos pour Amsterdam, où il a ensuite pris le vol 253 pour Détroit. 

Témoignage direct d’une montréalaise

La Presse canadienne rapporte qu’une femme de la région de Montréal se trouvait à bord de l’avion de Northwest Airlines. Shama Chopra, résidante de Dollard-des-Ormeaux, avait pris l’avion à Amsterdam en direction de Détroit. Elle raconte que 13 minutes avant l’atterrissage, une personne derrière son siège s’est mise à crier «Fire, Fire».

En entrevue à l’agence de presse, elle a expliqué que des flammes hautes et vives brûlaient les vêtements d’un homme qui se débattait.

Une bousculade s’est amorcée et des personnes se sont levées pour essayer de le maîtriser. L’individu se débattait avec vigueur et même si le feu lui ravageait déjà la peau, il refusait toute assistance. Le retenir a nécessité des efforts concertés.

Mme Chopra, encore fébrile, se souvient que le feu se faisait particulièrement vif au niveau des jambes et que les quelques personnes qui ont réussi à l’approcher ont entrepris de lui enlever son pantalon.

Des passagers ont agi de concert pour amasser de l’eau et pour éteindre le feu. Shama Chopra, à qui on a demandé de demeurer dans son siège, a fourni deux bouteilles d’eau.


2 commentaires
  • Michel Samson - Inscrit 26 décembre 2009 17 h 04

    Jamais les bonnes...

    D'une fois à l'autre, les fameuses mesures de sécurité ne semblent jamais être les bonnes. On fouille une, deux, trois fois, on emmerde les voyageurs, on rend le transport aérien absolument déplaisant à utiliser, tout cela pour contenter des responsables de sécurité aux mentalités simplistes, plus alignés sur l'impression de faire quelque chose alors qu'ils ne sont même pas capables de gérer les listes de noms de personnes suspectes, comme l'intimé du vol de Northwest Airlines...

    Et parmi les nouvelles mesures dont le ridicule atteint de nouveaux sommets, que penser du fait de ne pas pouvoir se lever de son siège durant la dernière de vol, de n'avoir rien sur les genoux, et de ne pas pouvoir accéder à ses bagages à main ? On devra peut-être mettre les passagers dans des capsules individuelles scellées qu'on pourrait éjecter de l'avion au moindre mouvement suspect, non ?

  • Augustin Rehel - Inscrit 27 décembre 2009 07 h 12

    Joyeux décembre!!

    «La menace terroriste a brutalement refait surface à Noël...»

    La menace terroriste s'est manifestée le Jour de Noël... mais elle est bien implantée partout, dans tous les pays musulmans, qui en veulent à mort à l'occident pour la dégration des moeurs mais, surtout, parce que les valeurs que nous défendons sont incompatibles avec les valeurs de l'Islam. Cette menace terroriste est également présente ausssi parmi nous: aux États-Unis, au Canada, en Europe...
    ... et les terroristes, tapis dans l'ombre, et attendent le signal d'Al-Qaida, comme le jeune Nigerian l'a attendu, depuis des mois, et c'est le jour de Noël, qu'on a décidé, en haut lieu, que le tour et le jour du jeune Umar Farouk Abdul Mutallab était arrivé de «faire don» de sa vie à la cause islamique et de recevoir du prophète la récompense suprême.

    Une façon comme une autre de souhaiter JOYEUX DÉCEMBRE aux chrétiens du monde entier.