Des incidents écornent l'image de l'A380

L’A380 d’Air France avant son départ de l’aéroport de Paris. Depuis sa mise en service le 20 novembre dernier, l’appareil a connu trois pannes.
Photo: Agence France-Presse (photo) ERIC PIERMONT L’A380 d’Air France avant son départ de l’aéroport de Paris. Depuis sa mise en service le 20 novembre dernier, l’appareil a connu trois pannes.

Paris — L'Airbus A380 a cumulé ces dernières semaines plusieurs incidents, présentés comme mineurs, mais qui écornent l'image du plus grand avion de ligne du monde, dont le premier exemplaire a été lancé il y a deux ans après des retards de production.

Depuis sa mise en service le 20 novembre dernier, l'unique appareil d'Air France a connu trois pannes: le 27 novembre, de nature informatique sur le pilote automatique, le 15 décembre, sur le circuit de carburant et la dernière, le 17 décembre, sur le système électrique.

Un porte-parole d'Air France les a qualifiées de «mineures», insistant sur le fait qu'elles «n'étaient pas liées entre elles».

Outre Air France, Singapore Airlines, compagnie de lancement de l'A380, a fait état récemment de deux incidents: un problème de moteur le 28 septembre et une panne d'alimentation électrique dans ses cuisines le 16 décembre.

«On ne peut pas dire que l'on soit pleinement satisfait», a reconnu un porte-parole de l'avionneur européen Airbus, «nous travaillons avec les compagnies» pour trouver des améliorations.


Un taux «admissible» d'incidents

Airbus insiste sur le fait qu'il s'agit d'un «taux admissible d'incidents, tout à fait conforme à ce que l'on a pu observer lors de la mise en service d'un nouvel avion».

«Il y a un phénomène de surmédiatisation de l'A380», estime Pierre Sparaco, vice-président de l'Académie de l'air et de l'espace à Paris. Le dernier-né d'Airbus est le plus grand de tous les avions passagers et ses débuts sont particulièrement suivis.

En outre, «lorsqu'un nouvel appareil entre en service, il connaît toujours des problèmes de rodage et son taux de "fiabilité" sur les dix premiers mois est moindre que par la suite», ajoute-t-il.

«Lorsque vous avez une grande évolution technologique sur un appareil, les premiers temps sont toujours un peu difficiles. Les premières compagnies clientes bénéficient d'ailleurs d'un prix de lancement de la part du constructeur qui sait qu'elles vont essuyer les plâtres», observe Gérard Bourgeois, secrétaire général adjoint du Syndicat national des mécaniciens au sol de l'aviation civile (SNMSAC).

Lors de la mise en service du très gros porteur de l'américain Boeing, le 747, il y a quarante ans, ce dernier avait d'ailleurs connu de nombreuses pannes de moteurs, réglées par la suite, rappelle M. Sparaco.

Selon M. Bourgeois, les incidents rencontrés par l'A380 actuellement sont «des incidents de routine». «Tous les avions connaissent ce genre de pannes», relativise-t-il.

M. Sparaco s'est cependant étonné de l'accumulation d'incidents récents: Airbus s'était engagé à livrer un appareil particulièrement fiable dès le départ en raison du grand nombre de passagers — 525 en moyenne —, toujours plus difficile à héberger en cas de retard.

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