Hillary Clinton critique l'Érythrée et vante la CPI

Nairobi — La secrétaire d'État américaine, Hillary Clinton, a appelé hier à Nairobi l'Érythrée à cesser de soutenir les insurgés islamistes radicaux somaliens des shebab, les qualifiant d'organisation terroriste menaçant la sécurité internationale.

«Il est plus que temps pour l'Érythrée de cesser et de renoncer à son soutien aux shebab et de commencer à devenir un voisin plus coopératif que déstabilisateur», a déclaré Clinton lors d'une conférence de presse conjointe avec le président somalien, Sharif Cheikh Ahmed, à qui elle a réaffirmé son «très fort soutien».

«Il ne fait aucun doute que les shebab veulent obtenir le contrôle de la Somalie pour en faire une base afin d'influencer et même infiltrer les pays voisins et lancer des attaques contre des pays éloignés et voisins», a-t-elle assuré.

Ironie de l'Histoire, l'actuel président somalien, souvent décrit comme un islamiste modéré, était à la tête des tribunaux islamiques qui ont contrôlé une large partie du pays au deuxième semestre 2006, puis a été à la pointe de la résistance contre l'intervention militaire éthiopienne soutenue par les États-Unis.

La secrétaire d'État, actuellement en tournée en Afrique, a par ailleurs qualifié hier de «grand regret» le fait que les États-Unis ne soient pas partie à la Cour pénal Internationale (CPI).

Washington avait officiellement refusé de ratifier ses statuts en mai 2002, craignant que des soldats américains ne puissent y être jugés pour des raisons politiques dans le cadre de leurs interventions à l'étranger.